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Chapter 1 - Le Piège Sanglant et le Téléphone Hors d'Atteinte

Le sol en marbre glacé du salon principal de la résidence Valmont était taché d'éclats de verre brillant sous les lustres de cristal. Élodie Mercier, le visage contusionné et la pommette gauche déjà enflée d'un bleu violacé sanglant, rampait désespérément vers l'objet rectangulaire noir posé à quelques centimètres de ses doigts tremblants : son téléphone portable. Ses poignets étaient fermement ligotés par une corde de chanvre rugueuse qui lui arrachait la peau à chaque mouvement.

— Tu croyais vraiment pouvoir m'échapper, Élodie ? rugit Julien Valmont en levant sa lourde ceinture en cuir au-dessus de sa tête, le visage déformé par une rage incontrôlable. Tu pensais pouvoir appeler à l'aide dans ma propre maison ?

À quelques pas de là, impeccablement vêtue d'un tailleur sombre, Hélène Valmont, sa belle-mère, observait la scène, les bras croisés sur sa poitrine, le regard froid et dénué de la moindre trace de compassion humaine.

— Julien, ne laisse pas de marques trop visibles sur son cou, intervint Hélène d'une voix calme et glaciale, comme s'il s'agissait d'un simple détail domestique. Nous avons le dîner de charité de la fondation vendredi soir. La presse sera présente, et il ne faudrait pas que les journaux se posent des questions inopportunes sur la santé de ton épouse.

— Elle ne fera aucune apparition si elle ne m'obéit pas ! hurla Julien en abattant violemment la ceinture à côté d'Élodie, faisant retentir un claquement sec qui résonna dans toute la vaste pièce. Regarde-moi quand je te parle ! Regarde ce que tu me forces à faire !

Élodie laissa échapper un sanglot étouffé, la joue posée contre le sol froid. La douleur dans ses côtes était insupportable, chaque inspiration lui brûlait la poitrine comme si du verre pilé circulait dans ses poumons. Son regard rivé sur l'écran du téléphone qui s'illumina soudain d'une notification prioritaire, elle étendit ses doigts de toutes ses forces.

— Julien... je t'en supplie... resta silence... murmura-t-elle, la voix brisée par les larmes. Pourquoi me fais-tu ça ? Qu'est-ce que je t'ai fait ?

— Ce que tu as fait ? rit Julien d'un rire sarcastique et mauvais. Tu as fouillé dans mon bureau, Élodie. Tu as posé des questions là où tu aurais dû garder la bouche fermée. Tu as cru que devenir la femme d'un Valmont te donnait des droits ? Tu n'es qu'un instrument dans cette maison. Un très joli trophée, mais un instrument tout de même.

Hélène s'approcha lentement, le bruit de ses talons aiguilles résonnant comme un compte à rebours macabre sur le carrelage. Elle s'arrêta juste devant la main tendue d'Élodie et, d'un geste dédaigneux, poussa du bout de sa chaussure le téléphone hors de portée de la jeune femme.

— Il est temps que tu comprennes ta place, Élodie, dit Hélène à voix basse, en se penchant légèrement vers elle. Dans cette famille, les règles ne sont pas négociables. Ton père nous devait tout avant de mourir, et la moindre des choses est que tu te montres reconnaissante pour le toit que nous t'offrons.

— Mon père ne vous devait rien ! cria Élodie en trouvant une once de courage au fond de son désespoir. Vous l'avez ruine ! Vous avez tout volé !

Julien attrapa brutalement Élodie par les cheveux, la forçant à se redresser malgré la douleur cuisante dans son dos. Leurs regards se croisèrent : dans ses yeux à lui, une folie pure et destructrice ; dans ceux d'Élodie, une terreur mêlée d'une haine étincelante.

— Répète ça si tu l'oses ! cracha Julien, le visage à quelques millimètres du sien. Ton père était un incapable qui a sombré dans la faillite parce qu'il n'avait aucun sens des affaires. Les Valmont ont racheté ses dettes pour vous sauver du déshonneur, et voilà comment tu nous remercies ?

— Lâche-moi... Julien, tu es un monstre...

— Un monstre ? Non, mon cœur, je suis ton mari. Et jusqu'à ce que tu apprennes à me respecter et à signer les papiers du transfert de propriété du domaine familial de Provence, tu resteras enfermée ici. Sans téléphone, sans contact avec l'extérieur, sans personne pour entendre tes appels au secours.

Hélène ramassa le téléphone d'Élodie sur le sol, vérifia l'écran d'un air absent, puis le fracassa d'un coup de talon sec. L'écran en verre trempé vola en éclats sous la pression.

— Voilà qui régle le problème des communications, déclara Hélène froidement. Emmène-la au deuxième étage, Julien. Dans la chambre haute. Et assure-toi que la porte soit doublement verrouillée.

Julien attrapa la corde qui liait les poignets d'Élodie et la traîna sans ménagement vers le grand escalier en colimaçon. Élodie tenta de se débattre, de s'accrocher aux barreaux de la rampe, mais ses forces l'abandonnaient rapidement. Tout ce qu'elle pouvait voir, c'était le regard d'acier de sa belle-mère qui la regardait monter vers sa prison, un léger sourire satisfait au coin des lèvres.

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Alors qu'on la poussait brutalement dans l'obscurité de la pièce fermée à clef, Élodie s'effondra sur le parquet ciré. Mais au milieu des ténèbres et de la douleur physique qui l'assaillait, une résolution farouche prit racine dans son cœur : elle ne se laisserait pas détruire. Elle trouverait un moyen de faire tomber l'empire Valmont, quel qu'en soit le prix.

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