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Chapter 2 - Le Prix d'une Illusion

Le lendemain matin, la lumière blafarde de l'aube traversait les stores en plastique de la chambre 304. Les accès de douleur au thorax s'étaient apaisés grâce à la morphine, mais une fureur glacée et méthodique avait remplacé la torpeur.

Vers neuf heures, des pas précipités et bruyants résonnèrent dans le couloir. La porte s'ouvrit à la volée. Ma mère, Éléonore, entra en trombe dans la pièce, suivie de près par mon père, Henri. Tous deux affichaient des visages décomposés, altérés par la panique et la fureur.

— Clarisse ! Qu'est-ce que cela signifie ? hurla ma mère sans même jeter un regard aux moniteurs médicaux ni à mon bandage à la tête. La banque vient de nous notifier l'annulation de notre prêt immobilier ! Notre acompte de 55 000 euros est définitivement conservé par le vendeur ! Tu es devenue complètement folle ?

Mon père s'avança au pied de mon lit, le poing serré, la tempe gonflée par la colère.

— Tu te rends compte de ce que tu as fait ? C'était l'économie de toute une vie ! Nous devions déménager vendredi ! Comment as-tu osé retirer ta caution auprès du directeur de l'agence sans nous en parler ?

Je les observai en silence pendant de longues secondes. Je pris le temps d'ajuster mon oreiller, sentant la vive brûlure de mes côtes fêlées.

— Vous m'avez dit hier soir que ce qui m'arrivait était mon problème, répondis-je d'une voix parfaitement posée. Vous m'avez dit de régler mes affaires seule. C'est exactement ce que je fais.

— Mais nous parlons de tes propres parents ! s'écria Éléonore, la voix montante dans les aigus. Adrian nous a appelés en pleurs cette nuit ! Il nous a expliqué que tu avais eu une crise d'hystérie, que tu étais tombée toute seule dans la cuisine et qu'il avait essayé de te sauver ! Il est dévasté, Clarisse ! Il s'inquiète pour toi pendant que tu nous poignardes dans le dos !

Un rire sans joie s'échappa de ma gorge meurtrie.

— Il m'a attrapée par la gorge, Maman. Il m'a frappée au visage jusqu'à ce que je perde connaissance. Le médecin légiste est passé ce matin à sept heures. La police a pris les photos de mes blessures et mes empreintes pour le dossier pénal.

Mon père balaya l'air d'un geste méprisant du bras.

— Des histoires de couple ! Tous les couples traversent des crises ! Adrian est un homme sous pression, il dirige une entreprise prospère ! Tu aurais dû te montrer plus compréhensive au lieu de le pousser à bout ! Rétablis immédiatement cette caution, Clarisse, ou nous ne te le pardonnerons jamais !

— Vous ne comprenez donc toujours pas ? dis-je en croisant leur regard sans ciller. La caution est annulée de manière irrévocable. L'argent est perdu. Et je ne verserai plus jamais un seul centime pour financer votre train de vie.

La porte s'ouvrit à nouveau, interrompant les cris d'Éléonore. Maître Mara Chen pénétra dans la chambre, vêtue d'un costume sombre impeccable, un porte-documents en cuir sous le bras. Elle était accompagnée de deux agents de police en uniforme.

— Madame, Monsieur, déclara Maître Chen d'une voix ferme et sans appel. Ma cliente est actuellement sous mesure de protection hospitalière. Votre présence nuit gravement à son état de santé. Veuillez quitter les lieux immédiatement.

— Qui êtes-vous pour nous donner des ordres ? s'indigna mon père. Nous sommes ses parents !

— Et je suis son conseil juridique, rétorqua Mara avec un sourire glacial. Si vous ne quittez pas cette chambre dans les dix secondes, ces officiers vous verbaliseront pour intromission illégale et harcèlement sur personne vulnérable.

Mon père fixa les policiers, puis se tourna vers moi, le visage déformé par le mépris.

— Tu n'es plus notre fille, cracha-t-il. Tu es un monstre d'ingratitude.

Ils sortirent en trombe, faisant claquer la porte. Mara s'approcha de moi et me tendit une tablette tactile.

— Les démarches juridiques sont enclenchées, Clarisse. L'ordonnance de protection d'urgence sera signée par le juge avant midi. Mais Adrian est en train de s'agiter au siège de sa société. Il tente de transférer les comptes de réserve sur un compte personnel aux Bahamas.

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Un sourire amer dessina mes lèvres.

— Il oublie une chose essentielle, Mara. C'est moi qui ai créé les clés d'accès cryptographiques des comptes d'entreprise. Il pense posséder la boîte, mais c'est moi qui détiens le coffre-fort.

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