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Chapter 1 - Deux Cents Coups de Fouet

Le premier coup de fouet frappa mon dos avec une brutalité sèche qui résonna dans le grand salon de marbre. La douleur fut si aiguë qu’elle me coupa le souffle instantanément. Adrian ne tremblait pas. L'homme que j'avais épousé trois ans plus tôt, celui avec qui j'avais choisi le lustre en cristal suspendu au-dessus de nos têtes, tenait la cravache de cuir avec une fureur froide et calculée.

Assise sur le canapé en velours rouge, Vanessa savourait chaque seconde. Vêtue d'une robe de soie écarlate, une coupe de champagne de grand cru à la main, elle comptait à voix haute avec une satisfaction vicieuse.

« Un... Deux... Allons Adrian, mets-y un peu plus de cœur ! Elle a osé me lever les yeux au ciel pendant que je te racontais ma journée », railla Vanessa, en gloussant doucement.

« Je vais lui apprendre le respect, Vanessa. Elle a oublié qui nourrit cette maison », cracha Adrian, le visage déformé par la haine. Il leva à nouveau le bras, et le cuir s'abattit avec un sifflement sinister.

À partir du vingtième coup, j'ai cessé de hurler. Je savais que mes cris alimentaient leur plaisir tordu. Je me suis ancrée dans le sol, les genoux enfoncés dans le marbre glacé, les poings serrés jusqu'à ce que mes ongles percent la chair de mes paumes. Adrian avait pris la peine de verrouiller toutes les portes du domaine, de renvoyer le personnel pour la nuit et de désactiver les caméras de sécurité de la propriété. Il se croyait invincible. Il pensait que j'étais une femme vulnérable, sans défense, abandonnée de tous.

Pendant trois ans, je l'avais laissé croire que mon père n'était qu'un modeste comptable à la retraite vivant obscurément à l'étranger. Mon père m'avait toujours répété une règle d'or : « Ne montre jamais à un homme la taille de ton bouclier. Laisse-le te montrer ce qu'il ferait s'il pensait que tu n'en avais aucun. »

Adrian s'était révélé être un monstre d'ambition et de cruauté. Mais il ignorait tout de ma véritable identité. Il ignorait que le pendentif en diamant que je portais autour du cou n'était pas un simple bijou, mais une caméra miniaturisée et un micro crypté haute technologie, installés par les services de sécurité personnels de mon père après qu'Adrian m'avait poussée dans les escaliers deux mois plus tôt.

« Cent quatre-vingt-dix-neuf... » murmura Vanessa, la voix devenue presque rauque sous l'effet de la fascination sadique.

« Et deux cents ! » hurla Adrian en laissant tomber la cravache ensanglantée sur le sol.

Il haletait, le front trempé de sueur, les yeux injectés de sang. « Voilà. Peut-être qu'à présent tu retiendras la leçon, Éléonore. Tu t'excuses auprès de Vanessa, ou nous recommençons demain. »

Vanessa croisa ses jambes fines et esquissa un sourire cruel. « Oui, Éléonore. Rampe jusqu'à moi et demande pardon pour ton insolence. »

Je relevai lentement la tête. Mon corps brûlait d'un feu dévorant, mais mes yeux étaient glacials. Je fixai mon mari droit dans les yeux. Ma voix était faible, mais parfaitement calme.

« Puis-je utiliser mon téléphone ? » demandai-je.

Adrian éclata d'un rire méprisant. « Pour appeler la police ? Vas-y ! Ils verront bien que tu as attaqué Vanessa en première. C'est ta parole contre la nôtre. »

Ils ne savaient pas que tout venait d'être transmis en direct sur un serveur sécurisé. Tout était enregistré. Chaque insulte, chaque coup, chaque goutte de sang versée.

Je déverrouillai mon téléphone et composai l'unique numéro que je connaissais par cœur. Mon père décrocha dès la première sonnerie.

Je fixai Adrian sans cilier et dis d'une voix claire : « Papa, comme tu me l'avais ordonné... détruis sa vie. »

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À cet instant précis, le sourire de Vanessa s'éteignit. Adrian fronça les sourcils, mais il ne se doutait pas encore du cataclysme qui allait s'abattre sur lui dans les cinq prochaines minutes.

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