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Chapter 10 - Le piège de la Provence

Deux mois s'étaient écoulés depuis l'installation de Julie au Mas des Oliviers. Le petit Léo grandissait à merveille. Ses yeux pétillaient d'éveil, et sa peau dorée resplendissait sous le soleil généreux de la Provence. Julie retrouvait peu à peu son rire et sa sérénité, soutenue par les visites régulières de son père, Marc-Antoine, qui partageait son temps entre les affaires de sa fondation et sa nouvelle vie de grand-père attentionné.

Un après-midi de juillet, alors que Marc-Antoine était retenu à Paris pour une réunion d'affaires urgente, une ombre s'infiltra dans le cadre idyllique du domaine.

Julie préparait le biberon de Léo dans la cuisine provençale lorsque le système d'alarme du domaine émit une série de bips stridents avant de s'éteindre brutalement. La lumière du rez-de-chaussée se coupa instantanément, plongeant la maison dans une obscurité soudaine malgré la fin de journée.

Julie se figea, le cœur bondissant dans sa poitrine.

« Maria ? » appela-t-elle en pensant à la gouvernante locale.

Pas de réponse. Seul le bruit mécanique du vent dans les volets rompit le silence.

Pressentant un danger imminent, Julie attrapa précipitamment Léo dans son berceau et se réfugia dans la pièce de sécurité dissimulée derrière la bibliothèque du bureau — un dispositif que Marc-Antoine avait sagement fait installer dès leur arrivée.

À peine avait-elle refermé la porte blindée dissimulée que le bruit de pas lourds retentit dans le hall. Des voix d'hommes parlant avec un accent rocailleux résonnèrent dans la maison.

« Fouillez tout ! Le patron veut le gamin et la fille ! Dépêchez-vous avant que les flics du village ne s'en aperçoivent ! »

À travers le moniteur de surveillance thermique dissimulé dans la pièce de sécurité, Julie vit trois hommes armés parcourir le salon, renversant les meubles avec une violence sauvage. L'un d'eux tenait un téléphone satellite à l'oreille.

« Madame Caldwell », dit l'homme dans le combiné d'une voix rauque. « On est dans la maison. Mais la place semble vide. On fouille les étages. »

Au nom de Caldwell, Julie étouffa un cri de terreur. C'était bien Victoria. La belle-mère avait envoyé des tueurs à gages jusqu'en France pour lui arracher son fils et l'éliminer !

Le bébé, effrayé par le noir et par la tension ambiante, commença à pousser de petits gémissements.

« Chut, mon trésor... s'il te plaît, chut... » murmura Julie en lui pressant doucement le visage contre son sein, les larmes coulant sur ses joues.

Dans le bureau, l'un des intrus s'approcha de la bibliothèque.

« Chef ! Il y a un panneau électrique étrange ici ! La porte blindée doit être derrière ce mur ! »

Un coup violent frappa contre le panneau en bois.

« Ouvrez la porte, petite dame ! » hurla le mercenaire. « Si vous sortez gentiment avec le gosse, on vous fera pas de mal ! Sinon, on fait sauter le mur à la dynamite ! »

Julie comprit qu'elle n'avait que quelques minutes avant que la cloison ne cède. Elle attrapa le téléphone d'urgence connecté directement à la ligne privée de son père et à la gendarmerie locale.

« Papa ! Ils sont dans la maison ! C'est des hommes envoyés par Victoria ! » cria-t-elle dans un chuchotement désespéré.

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« Julie ! Garde ton calme ! » répondit la voix de Marc-Antoine, submergée de panique et de détermination. « Les gendarmes sont déjà en route, je les ai prévenus dès que le signal d'alerte s'est coupé ! La brigade d'intervention d'Avignon arrive par hélicoptère ! Tiens bon, trois minutes ! »

De l'autre côté du mur, les hommes commencèrent à poser une charge explosive sur le mécanisme de la porte. Le décompte macabre venait de commencer dans le calme paisible de la Provence.

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