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Chapter 3 - Le Pacte dans l'Ombre

La cabane en bois où vivaient ma femme et mes enfants était à peine plus grande qu'un placard à balais. L'air y était lourd, étouffant, saturé par l'odeur d'humidité et de moisissure. Sur deux matelas crasseux posés directement sur le sol de terre battue, Léo et Maya s'étaient endormis, blottis l'un contre l'autre pour partager leur maigre chaleur corporelle.

Amara était assise dans un coin, une bougie vacillante éclairant son visage amaigri. Quand j'entrai, elle se leva en sursaut, le regard plein d'angoisse.

« Daniel... Que s'est-il passé ? Ils t'ont fait du mal ? »

Je refermai la porte en bois vermoulu derrière moi et m'assis par terre à ses côtés. Je pris ses mains rugueuses entre les miennes.

« Écoute-moi très attentivement, Amara », chuchotai-je avec une intensité qui la fit tressaillir. « Rien de ce que tu as vu ce soir ne restera impuni. Je te jure sur la vie de nos enfants que chaque centime qu'elles nous ont volé, chaque humiliation qu'elles vous ont infligée, elles le paieront au centuple. Mais nous devons jouer la comédie. »

Amara me regarda avec des yeux écarquillés par le doute. « Daniel, tu ne comprends pas jusqu'où elles sont prêtes à aller. Ta mère a fait signer un papier au maire du village pour m'interdire l'accès au marché central sous prétexte de vagabondage. Vanessa a payé un médecin corrompu pour établir un faux certificat attestant que je suis instable mentalement. Si tu tentes quoi que ce soit d'ouvert, elles utiliseront la loi pour me faire interner et t'enlever la garde des enfants. »

Une boule de fer chaud se forma dans mon estomac. Le piège était machiavélique. Elles n'avaient pas seulement volé mon argent ; elles avaient méthodiquement détruit l'existence d'Amara pour qu'elle ne puisse jamais se défendre.

« Quel certificat médical ? » demandai-je, la voix rauque.

« Le Docteur Tessier », répondit-elle en baissant la tête. « C'est un ami intime de Vanessa. Il vient souvent boire du champagne à la villa. Il a signé des rapports attestant que j'abandonnais mes enfants et que j'avais des accès de démence. C'est pour cela que les voisins me détournent le regard quand je demande de l'aide. Tout le monde croit que je suis folle. »

Je sortis de mon sac en cuir la première enveloppe d'argent liquide que j'avais apportée avec moi. Il y avait là quinze mille euros en billets de cent euros, le fruit de mes heures supplémentaires dans les mines de sable.

« Demain matin à la première heure », dis-je en lui mettant l'enveloppe dans les mains, « un taxi viendra vous chercher, toi et les enfants. Tu diras à ma mère que tu vas faire une promenade dans les bois. Le taxi vous emmènera directement au Grand Hôtel de la capitale, à deux heures d'ici. J'ai déjà réservé une suite sous un faux nom via mon téléphone saoudien. Il y aura des médecins privés, des repas chauds, de beaux vêtements et des gardes du corps pour vous protéger. »

Amara pleurait à chaudes larmes, n'osant toucher la pile de billets. « Et toi ? Qu'est-ce que tu vas faire ? »

« Moi, je reste ici », dis-je avec un sourire sombre. « Je vais jouer le rôle du fils soumis, stupide et ruiné. Je vais leur faire croire que je suis revenu d'Arabie Saoudite sans un sou en poche suite à une faillite de mon entreprise là-bas. Je veux voir leurs visages quand elles réaliseront que le robinet d'or est définitivement fermé. »

« Daniel, c'est dangereux. Ma mère a des contacts mystérieux. L'homme qui était dans le salon ce soir, Julien... C'est un usurier redoutable dans la région. Ma mère lui doit d'énormes sommes d'argent qu'elle a empruntées en garantissant... le titre de propriété de cette villa. »

Je me figeai. Un détail d'une importance capitale venait d'émerger.

« Répète ça », dis-je doucement. « Ma mère a mis la villa en garantie auprès d'un usurier ? »

« Oui », confirma Amara. « Elle a dépensé bien plus que ce que tu lui envoyais. Elle mène un train de vie de millionnaire, achète de l'or, des voitures de luxe et fait des paris hippiques. Pour combler ses dettes, elle a hypothéqué la maison avec de faux papiers, en se servant de ta signature imitée. »

Un rire silencieux s'échappa de ma gorge. Le piège se refermait, mais pas sur moi. Ma mère et ma sœur venaient de creuser leur propre tombe, et je n'avais plus qu'à leur pousser légèrement le dos pour qu'elles y tombent.

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« Parfait », murmurai-je en embrassant le front de ma femme. « Le spectacle va pouvoir commencer. »

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