Chapter 4 - Le Piège Financier

Le lendemain matin, le soleil se leva sur la villa blanche, baignant la propriété d'une lumière radieuse. Vers huit heures, la porte de la maison principale s'ouvrit et ma mère Évelyne apparut sur la terrasse, vêtue d'un peignoir en soie rose, une tasse de café fumant à la main.
Elle m'aperçut assis sur les marches du perron, vêtu de mon vieux jean troué et de ma veste de chantier défraîchie, un carnet à la main.
« Daniel ! Déjà debout ? » déclara-t-elle d'un ton faussement mielleux. « As-tu bien dormi dans ton... petit coin ? Où est Amara ? Je ne la vois pas. »
« Elle est partie se promener avec les enfants en forêt », répondis-je sans me lever, adoptant une voix fatiguée et résignée. « Ils avaient besoin d'air frais. »
« Mouais, cette fille passe son temps à flâner », râla-t-elle en prenant une gorgée de café. « Enfin bref. Nous devons parler des choses sérieuses. Le mois dernier, l'entreprise de rénovation m'a envoyé une facture complémentaire de quarante mille euros pour la piscine à débordement et le pavage en marbre. Il faut que tu fasses le virement d'urgence depuis ton compte saoudien. »
Je me levai lentement, feignant d'être mal à l'aise, tremblant légèrement des mains.
« Maman... C'est précisément de cela que je voulais te parler », dis-je d'une voix hésitante et cassée.
Elle fronça les sourcils, posant brusquement sa tasse sur la table en fer forgé. « Comment ça ? Que veux-tu dire ? »
« La société de construction à Riyad où je travaillais... a déposé le bilan il y a deux mois », annonçai-je en baissant la tête. « Le patron s'est enfui avec la caisse. Les autorités saoudiennes ont gelé tous nos comptes professionnels. Je n'ai pas touché mes salaires des six derniers mois. Je suis revenu ici parce que je n'avais même plus de quoi m'acheter à manger là-bas. »
Un silence mortel s'abattit sur la terrasse. Le visage d'Évelyne passa du rose au livide en une fraction de seconde. Ses lèvres tremblèrent de rage et de terreur.
« Quoi ? » hurla-t-elle, sa voix stridente brisant le calme du matin. « Qu'est-ce que tu racontes ? C'est une plaisanterie ? Tu n'as plus d'argent ? Et mes mensualités ? Et les remboursements de mes créanciers ? »
Vanessa, attirée par les cris de ma mère, sortit sur la terrasse en pyjama de satin, les cheveux en désordre. « Maman ! Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi tu cries dès le matin ? »
« Ton frère... cet incapable ! » cracha ma mère en me désignant d'un doigt accusateur. « Il nous a ruinées ! Son entreprise a fait faillite ! Il n'a plus un centime ! »
Vanessa poussa un cri d'horreur. « Mais c'est impossible ! Et nos livraisons de robes de créateurs ? Et la fête de la semaine prochaine pour l'anniversaire du maire ? Daniel, tu te moques de nous ? Dis-moi que c'est une blague ! »
« Je suis désolé, Vanessa », dis-je en feignant d'essuyer une larme. « Je n'ai plus rien. Même mes économies personnelles ont été saisies par le tribunal saoudien. Je suis complètement ruiné. Nous allons devoir vendre la villa pour payer mes dettes. »
« Vendre la villa ? » hurla Évelyne, folle de rage. Elle s'approcha de moi et me gifla de toutes ses forces. Le coup claqua dans l'air, mais je ne boujai pas d'un millimètre. Ma mâchoire resta ferme.
« Jamais ! » éructa-t-elle, la salive aux lèvres. « Cette maison est À MOI ! Tu entends ? C'est le fruit de mes sacrifices ! Tu es un bon à rien, Daniel ! Un incapable comme ton père ! Tu viens ici nous gâcher la vie avec tes échecs ! »
« Mais Maman, c'est moi qui ai financé la construction de cette maison de A à Z pendant cinq ans », rappelai-je doucement.
« Et alors ? Tu me le devais ! C'est le prix pour m'avoir mise au monde ! » cria-t-elle, perdant toute contenance et révélant sa véritable nature monstrueuse. « Vanessa, va chercher le dossier dans le bureau. Nous allons devoir agir vite. »
Vanessa courut à l'intérieur. Je savais pertinemment quel dossier elle allait chercher : le faux contrat d'hypothèque souscrit auprès de Julien, l'usurier.
Pendant qu'elles paniquaient, mon téléphone vibra discrètement dans ma poche. C'était un message secret de mon avocat privé de la capitale, Maître Renaud, que j'avais engagé deux mois plus tôt depuis l'Arabie Saoudite dès que j'avais soupçonné leurs malversations :
*« Monsieur Daniel, les enregistrements financiers et les preuves de faux en écriture concernant votre mère sont prêts. L'huissier de justice et la police financière attendent votre signal. »*
Je tapai une réponse rapide sous mon carnet :
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*« Attendez encore un peu. Laissez-les s'enfoncer jusqu'au cou. »*
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