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Chapter 6 - Une trahison plus profonde

La réunion du conseil d'administration de Vance International s'annonçait comme un affrontement historique. Dans la grande tour de verre du quartier d'affaires de la métropole, les membres du conseil, composés de grands investisseurs, d'avocats d'affaires et de partenaires industriels, murmuraient avec inquiétude. Les rumeurs de perquisitions fédérales et de scandales familiaux s'étaient répandues dans la presse financière comme une traînée de poudre, provoquant une chute de quinze pour cent du cours de l'action dès l'ouverture des marchés.

Richard Vance entra dans la salle de conférence, le menton haut, arborant un costume sur mesure d'une valeur inestimable. À ses côtés, sa femme Diane tentait d'afficher un sourire assuré, bien que ses yeux trahissent une anxiété dévorante.

— Mesdames et Messieurs, commença Richard en prenant place à la tête de la table de réunion. Je vous remercie d'être présents. Je sais que la presse s'est emparée de ragots malveillants concernant ma famille. Je vous rassure immédiatement : tout cela n'est que la conséquence d'un différend privé exploité par des esprits malintentionnés. Vance International reste solide, prospère et parfaitement gérée.

Un murmure sceptique parcourut la salle. C'est alors que les portes doubles de la salle du conseil s'ouvrirent à la volée.

Ethan Vance entra, vêtu d'un costume sombre impeccable, accompagné du Major Lena Ortiz et de Maître François Laurent, l'un des avocats d'affaires les plus redoutés du pays.

— La prospérité dont vous parlez, père, n'est qu'une illusion comptable alimentée par le détournement de fonds publics et le vol d'actifs privés, déclara Ethan d'une voix qui fit taire immédiatement la pièce.

Richard se leva d'un bond, le visage rouge de colère.

— De quel droit t'introduis-tu dans cette réunion privée ? Tu n'es pas membre du conseil d'administration ! Sécurité, faites sortir cet individu !

Maître Laurent s'avança et posa un document officiel au centre de la table.

— En vertu du contrat de fiducie familiale établi par le fondateur de l'entreprise, feu Arthur Vance, le capitaine Ethan Vance est le détenteur légitime de cinquante-un pour cent des actions à droit de vote à compter de son trentième anniversaire ou en cas de preuve manifeste de gestion frauduleuse par le tuteur temporaire. Nous avons présenté ce matin les preuves graphologiques et bancaires à l'AMF. Vos droits de vote, Monsieur Richard Vance, sont suspendus avec effet immédiat.

Un vent de panique balaya les administrateurs. L'un d'eux, un investisseur majeur nommé M. Henderson, se leva.

— Est-ce vrai, Richard ? Avez-vous falsifié les documents de succession d'Arthur Vance ?

— C'est un tissu de mensonges ! s'écria Diane, la voix hystérique. Mon fils est manipulé par sa femme ! Ils veulent détruire le nom des Vance !

Ethan sortit une télécommande de sa poche et activa l'écran géant de la salle de conférence. La vidéo enregistrée par les caméras cachées de la maison s'afficha en haute définition. On y voyait clairement Richard et Diane buvant du vin au chaud pendant qu'Emma, portant Noah, suppliait derrière la vitre enneigée avant de s'effondrer sur le sol glacé.

Les membres du conseil d'administration laissèrent échapper des murmures d'horreur et de dégoût. La cruauté de la scène, étalée sans filtre devant l'élite financière de la ville, brisa instantanément toute sympathie envers Richard Vance.

— Voici les valeurs morales du PDG qui dirige votre entreprise, déclara Ethan. Un homme prêt à sacrifier son propre petit-fils pour dissimuler un détournement de fonds de vingt millions de dollars.

M. Henderson se tourna vers les autres administrateurs, le visage fermé par l'indignation.

— En tant que représentant des actionnaires institutionnels, je demande un vote immédiat pour la révocation sans indemnité de Richard Vance de son poste de PDG, ainsi que la nomination de Maître Laurent comme administrateur provisoire.

— Je vote pour, dit le premier membre.

— Pour, enchaîna le second.

— Pour, répétèrent tour à tour tous les administrateurs présents.

Richard Vance resta pétrifié, observant l'assemblée qui venait de le bannir à l'unanimité de la compagnie qu'il avait dirigée en despote pendant deux décennies. Son empire venait d'exploser sous ses yeux, balayé par les preuves irréfutables apportées par le fils qu'il avait cherché à détruire.

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— Ce n'est pas fini, Ethan... chuchota Richard en passant devant son fils, les dents serrées. Tu as peut-être gagné la compagnie, mais je possède encore ce que tu ne pourras jamais me prendre.

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