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L Empreinte du Destin Roman / Chapter 8 / 20

Chapter 8 - La Tempête Eleanor

Les jours qui suivirent l'installation d'Amanda et Sophie dans la dépendance de Westchester furent marqués par une tension palpable. Eleanor Whitmore ne digérait pas ce qu'elle considérait comme une trahison intolérable. Pour elle, la maison familiale représentait le sanctuaire de l'élite new-yorkaise, un lieu où la servitude devait rester invisible et soumise.

Un matin, alors que la brume matinale enveloppait encore les grands chênes du parc, Eleanor fit irruption dans le grand salon de Westchester. Elle portait un manteau de fourrure sombre et tenait sa canne d'une main crispée. Julian était assis près de la cheminée, un café noir à la main, parcourant les dépêches financières de la journée.

« Tu as perdu la tête, Julian », déclara-t-elle sans préambule, sa voix sifflante résonnant contre les boiseries anciennes. « Faire loger cette fille et sa mère sur nos terres... Les serviteurs parlent. Mrs. Delaney elle-même commence à prendre des libertés ! »

Julian posa lentement sa tasse de porcelaine sur la table basse. Il releva les yeux vers sa mère, conservant un calme glacial qui masquait une colère profonde.

« Mrs. Delaney fait preuve d'une humanité dont tu as toujours été dépourvue, Mère. Et quant à l'appartement de la dépendance, il m'appartient. J'y dispose qui je veux. »

« Ce domaine porte le nom de ton père ! » s'emporta Eleanor en frappant le sol de sa canne. « Il s'est battu toute sa vie pour ériger notre empire. Tu es en train de piétiner sa mémoire pour apaiser une crise d'altruisme ridicule ! »

« N'invoque pas la mémoire de Père », répliqua Julian en se levant d'un bond, sa haute taille dominant la silhouette voûtée d'Eleanor. « Mon père était un homme dur, certes, mais il avait le sens de l'honneur. Il n'aurait jamais frappé une jeune fille de vingt ans épuisée par le travail. »

Eleanor pâlit sous son maquillage épais. Ses lèvres peintes tremblèrent de rage.

« Cette fille a profité de la situation ! Elle a simulé un malaise pour t'apitoyer ! »

« Je t'ai vue, Eleanor », coupa Julian d'un ton sans appel. « Je t'ai vue la traîner par les cheveux comme un animal. C'est toi qui as fait honte au nom des Whitmore. Et si tu penses pouvoir continuer à faire régner la terreur ici, tu te trompes lourdement. »

Eleanor s'approcha de lui, le visage tordu par le mépris.

« Tu vas les chasser d'ici, Julian. Ou je m'assurerai que la presse mondaine apprenne comment le grand Julian Whitmore entretient ses servantes chez lui. »

Julian la fixa sans baisser les yeux, un sourire amer au coin des lèvres.

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« Essaie donc. Et je publierai l'audit complet des comptes secrets que tu as utilisés pour financer tes pertes au jeu à Monaco il y a dix ans. Je pense que le conseil d'administration appréciera particulièrement la lecture. »

Le coup porta ses fruits instantanément. Eleanor se figea, le souffle coupé. Elle comprit à cet instant précis que son fils ne plierait plus jamais devant ses chantages. Sans ajouter un seul mot, elle fit demi-tour et quitta le manoir, la rage au cœur.

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