Chapter 9 - Le Face-à-Face Préliminaire

La première audience devant le tribunal de grande instance de Denver arriva enfin. Bien qu'il s'agisse encore d'une audience préliminaire destinée à fixer les conditions de la détention préventive de Diego et à examiner les ordonnances de protection, la tension dans la salle des pas perdus était à son comble.
La presse locale, attirée par le scandale impliquant l'une des familles les plus fortunées de la ville, s'était pressée devant le bâtiment. Les flashs des appareils photo crépitaient à chaque arrivée.
Diego Vance arriva entouré d'une équipe de quatre avocats pénalistes de haut vol, vêtus de costumes sombres impeccables. Il s'efforçait de conserver une allure altière, mais ses regards fuyants et sa crispation trahissaient son inquiétude. Arthur et Victoria l'accompagnaient, la tête haute mais le teint pâle.
Puis Valérie fit son entrée, accompagnée de Claudia Rios et de Natalie. Valérie portait un tailleur-pantalon bleu marine ajusté, ses cheveux sombres ramenés en arrière, dévoilant avec assurance la fine cicatrice encore visible à sa tempe gauche. Elle n'affichait ni colère, ni crainte : seulement une sérénité absolue.
Dans la salle d'audience, les deux parties prirent place de part et d'autre de l'allée centrale.
Le juge Harrison, un homme sévère aux cheveux blancs, frappa de son marteau pour ouvrir la séance.
L'avocat principal de Diego, Maître Stern, prit immédiatement la parole avec l'arrogance caractéristique des ténors du barreau :
« Votre Honneur, mon client est un entrepreneur respecté, victime d'une campagne de calomnie orchestrée par son épouse en vue d'obtenir un avantage financier démesuré lors de la procédure de divorce. L'incident de la soirée du 12 juillet n'était qu'un malheureux accident ménager, une assiette glissée lors d'une discussion animée. Nous demandons la levée immédiate des restrictions de déplacement de mon client. »
Claudia Rios se leva avec une grâce mortelle. Elle s'avança vers le pupitre, tenant une télécommande à la main.
« Votre Honneur, l'argument de la défense serait presque touchant s'il n'était pas démenti par les faits objectifs et par la réalité des preuves. Je demande l'autorisation de projeter la pièce numéro 4 du dossier de l'accusation. »
Le juge hocha la tête. Un grand écran s'abaissa dans la salle d'audience.
En quelques secondes, la vidéo tirée des caméras cachées d'Arthur Vance fut projetée. Le son retentit clairement dans l'enceinte du tribunal : le chantage d'Arthur, les insultes de Diego, la voix glaciale de Valérie, et enfin l'impact brutal de l'assiette céramique écrasée sciemment sur la tête de la jeune femme.
Un murmure d'horreur parcourut l'assistance. Les journalistes écrivaient frénétiquement sur leurs carnets.
Victoria Vance cacha son visage dans ses mains. Diego manqua de s'évanouir sur sa chaise, le visage blanc comme un linge.
« Comme vous pouvez le constater, Votre Honneur, déclara Claudia d'une voix percutante, ceci n'est pas un accident. C'est une agression sauvage, préméditée, accompagnée d'une tentative d'extorsion d'actifs immobiliers. »
Le juge Harrison fixa Diego avec un dégoût peine dissimulé. Il frappa lourdement de son marteau :
« La demande de la défense est rejetée. Compte tenu de la gravité des faits et des risques avérés de pressions sur les témoins, le prévenu Diego Vance est immédiatement placé en détention provisoire en attente de son procès pénal. Caution refusée. »
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Les policiers s'avancèrent et passèrent les menottes à Diego sous les cris étouffés de sa mère. Valérie se leva lentement, croisa le regard désespéré de son mari déchu, et ne ressentit aucune vengeance : seulement la satisfaction d'une justice enfin en marche.
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