Chapter 11 - Le piège de la mémoire

Le lendemain après-midi, je reçus un appel téléphonique confidentiel de Patricia. Sa voix n'était plus suppliante, mais emprunte d'une arrogance retrouvée.
« Lena, dit-elle d'un ton mielleux. Je penses qu'il est temps de négocier. J'ai en ma possession des documents concernant ta très chère grand-mère Éléonore. Si tu ne demandes pas la libération de ton père et le transfert de 50% des actions de la nouvelle société à mon nom d'ici demain soir, les journaux recevront les preuves qu'Éléonore était une fraudeuse fiscale tout comme ton père. »
Je sentis un frisson de colère m'envahir, mais je restai de marbre. Daniel, qui écoutait la conversation sur haut-parleur, me fit un signe de tête confiant.
« Où veux-tu qu'on se voie, Patricia ? » demandai-je.
« À l'ancienne fabrique textile abandonnée de grand-mère. À vingt-deux heures. Viens seule, ou les documents sont envoyés à la presse. »
Elle raccrocha.
« C'est un piège évident, dit Daniel. Ils savent qu'ils coulent et veulent te faire signer un renoncement sous la contrainte. »
« Je sais, répondis-je en souriant légèrement. Mais c'est aussi l'occasion idéale de les piéger définitivement pour tentative d'extorsion en bande organisée. »
À vingt-deux heures précises, la vieille fabrique textile dressait ses silhouettes de briques rouges dans la nuit noire. J'entrai seule par la porte latérale, mes pas résonnant sur le béton poussiéreux. Au centre de la grande halle, éclairée par une simple lampe de chantier, se tenaient Patricia et Maître Vane.
« Tu es venue, Lena, dit Patricia avec un rictus triomphant. Tu as toujours été si prévisible dès qu'il s'agit de cette vieille Éléonore. »
Vane brandit le dossier. « Voici l'accord, Madame Whitmore. Signez ce document d'abandon de charges et de transfert d'actions, et ce dossier brûle ce soir sous vos yeux. »
Je m'avançai lentement sous la lumière. « Vous êtes vraiment désespérés pour jouer une carte aussi grotesque. Vous pensez vraiment que je vais plier sous vos menaces ? »
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« Tu n'as pas le choix ! cria Patricia. »
« En réalité, c'est vous qui n'avez plus aucun choix », répondis-je calmement.