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Chapter 14 - Le Secret de Saint-Cloud

La révélation de Clara ne pouvait pas être ignorée. Si des complices puissants au sein de l'administration ou du secteur financier soutenaient encore Marc Vaneau dans l'ombre, mon projet 'Renaissance' et la sécurité de ma mère restaient sous une menace permanente.

Je décidai d'en parler immédiatement à Me Laurent et à Sophie, sans informer ma mère pour ne pas gâcher sa sérénité retrouvée.

— C'est extrêmement dangereux, Daniel, m'avertit Laurent dans son bureau le soir même. Si Marc Vaneau utilisait des protections haut placées pour ses opérations de blanchiment, aller fouiller dans la villa de sa mère équivaut à mettre la main dans un nid de guêpes.

— Nous n'avons pas le choix, répliquai-je avec fermeté. Si nous attendons que ces hommes agissent, ils frapperont par surprise. Je préfère prendre l'initiative.

— Je viens avec toi, déclara immédiatement Sophie, le regard déterminé. J'ai été la victime de Marc pendant des années. S'il existe des preuves impliquant d'autres escrocs qui l'ont aidé à me détruire, je veux être là quand nous les déterrerons.

À vingt-deux heures, profitant de l'obscurité d'une nuit sans lune, Sophie et moi prîmes la direction de Saint-Cloud. La villa de la mère de Marc Vaneau était une haute demeure bourgeoise entourée de murs en pierre et cachée derrière une végétation dense. La maison principale semblait inoccupée, la mère de Marc ayant quitté la région depuis le début du scandale.

Nous avons escaladé le petit muret latéral et nous sommes glissés jusqu'à la dépendance située au fond du jardin. Comme l'avait indiqué Clara, sous un grand pot de fleurs bleu posé sur le perron, mes doigts rencontrèrent le froid d'une petite clé métallique.

Je déverrouillai la porte en bois massif de la dépendance. L'endroit sentait la poussière et le renfermé. À l'aide de nos lampes de poche, nous avons inspecté la pièce principale remplie d'anciens meubles recouverts de draps blancs.

Au fond du débarras, dissimulé derrière une fausse cloison en contreplaqué, se trouvait un coffre fort de taille moyenne posé sur le sol.

— C'est ici, chuchotai-je.

J'utilisai la clé pour ouvrir le barillet, puis je composai le code à quatre chiffres que Clara m'avait également transmis par SMS juste après notre appel. Le mécanisme cliqua lourdement, et la porte en acier s'ouvrit.

À l'intérieur se trouvaient trois registres comptables confidentiels, plusieurs clés USB cryptées, et une série de contrats officiels portant le sceau d'un haut responsable de la Direction Générale des Finances Publiques de la région.

Sophie laissa échapper un souffle coupé en examinant les noms figurant sur les contrats.

— Mon Dieu... Daniel, regarde ce nom ! C'est le vicomte de Montmirail ! Le président du conseil d'aménagement urbain de la métropole !

— C'est lui qui délivrait les permis de construire frauduleux et annulait les redressements fiscaux pour les sociétés écrans de Marc... analysai-je en feuilletant les pièces comptables.

Mais au moment où je rassemblais les documents pour les placer dans mon sac à dos, le bruit sec d'un pistolet qu'on arme résonna juste derrière nous dans l'obscurité de la dépendance.

— Ne bougez plus d'un centimètre, dit une voix grave et masculine.

Deux lampes halogènes de forte puissance s'allumèrent brusquement, nous éblouissant totalement.

Deux hommes en costume sombre et armés de handguns nous faisaient face. Au milieu d'eux s'avança un homme d'une soixantaine d'années, très élégant, la chevelure poivre et sel, arborant une expression de dédain absolu.

C'était le vicomte de Montmirail en personne.

— Monsieur Daniel... et Madame Sophie, dit Montmirail d'un ton suave et mortel. Vous êtes d'une curiosité extrêmement malsaine. Marc était un exécutant maladroit, mais vous... vous devenez un problème véritablement embarrassant.

— Montmirail... cracha Sophie avec mépris. Vous couvrez des escrocs et des tortionnaires depuis des années pour toucher vos commissions !

— La haute finance et l'urbanisme ne s'encombrent pas de sentimentalisme, ma chère, répondit Montmirail en ajustant ses manchettes en or. Vous pensiez vraiment pouvoir étaler nos affaires dans les journaux sans qu'il n'y ait de conséquences ? Rendez-moi cette valise immédiatement.

Je fis un pas lent en avant, plaçant mon corps en bouclier devant Sophie, les yeux ancrés dans ceux de Montmirail.

— Et si nous refusons ? demandai-je d'une voix d'acier. Vous allez nous abattre ici et faire disparaître nos corps ?

Montmirail esquissa un sourire cruel.

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— Une disparition tragique dans un incendie accidentel de cette dépendance vétuste... Cela ferait un fait divers très convaincant pour la presse de demain.

Les deux hommes armés firent un pas vers nous, leurs pistolets pointés sur ma poitrine. La tension dans la pièce était à son comble. Mais ce que Montmirail ignorait, c'est que je n'avais jamais l'habitude de m'aventurer en territoire ennemi sans une assurance tous risques.

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