strive

Chapter 8 - La Traque Inversée

En sortant du commissariat, le soleil de midi brillait intensément, mais l'atmosphère restait glaciale dans mon esprit. Me Laurent marchait à mes côtés, réajustant son costume avec un calme olympien.

— La police recherche Clara, dis-je en montant dans ma voiture. Mais elle sait qu'elle risque la prison désormais. Elle va se terrer chez Marc ou tenter de quitter le pays.

— Elle ne quittera pas la ville avant d'avoir essayé de récupérer l'argent de la maison, me répondit Laurent en s'asseyant sur le siège passager. Marc Vaneau a trop investi dans cette opération clandestine. Ils ont besoin de finaliser la signature de vente prévue ce vendredi pour transférer les fonds sur leur compte offshore. Sans cet argent, ils sont tous les deux ruinés.

— Alors nous allons leur tendre un piège qu'ils ne pourront pas éviter, répondis-je en démarrant le moteur.

Mon téléphone sonna. C'était Sophie.

— Daniel ! Tu es sorti du commissariat ?

— Oui, Sophie. La vidéo de surveillance a détruit la fausse plainte de Clara. La police est désormais à sa recherche.

— Excellente nouvelle ! Mais attention, Marc a eu vent de ce qui s'est passé au commissariat. Il panique. Il vient d'avancer la réunion de signature secret au domaine des Ormes à ce soir vingt heures, au lieu de vendredi ! Ils essaient de boucler la vente en urgence avant que les mandats d'arrêt ne soient officiellement diffusés sur les fichiers nationaux.

Mon cœur s'accéléra. Ils tentaient le tout pour le tout.

— Où se trouve ce domaine des Ormes ? demandai-je.

— C'est une grande propriété isolée à trente kilomètres au nord de la ville, expliqua Sophie. Marc y invite souvent des investisseurs privés douteux pour des transactions de gré à gré à l'abri des regards. Si la vente est signée ce soir et que l'acheteur verse l'acompte en cryptomonnaies ou sur un compte à l'étranger, il sera extrêmement difficile de récupérer les fonds.

— Nous y serons ce soir, dis-je fermement. Laurent, peux-tu contacter le procureur de la République pour obtenir une intervention urgente de la gendarmerie sur place ?

Laurent consulta sa montre.

— Le temps de rédiger la requête et d'obtenir le visa du juge, cela prendra au moins trois heures. Nous risquons d'arriver trop tard si la signature a lieu à vingt heures. Nous devons y aller nous-mêmes en éclaireurs pour bloquer la signature jusqu'à l'arrivée des forces de l'ordre.

— D'accord. Mais d'abord, je dois mettre ma mère en sécurité.

Je retournai rapidement à la maison. Ma mère m'attendait dans le salon, anxieuse. Quand elle me vit entrer sain et sauf, elle se jeta dans mes bras en pleurant.

— Oh Daniel ! J'ai eu si peur quand l'avocat m'a dit que tu étais au commissariat !

— Tout va bien, Maman. La vérité est sortie au grand jour. La police sait exactement ce que Clara t'a fait subir. Elle ne reviendra plus jamais ici.

Je l'installai confortablement et demandai à une agence de sécurité privée d'envoyer deux agents en faction devant la porte de la maison pour garantir sa tranquillité absolue.

Vers dix-neuf heures, rejoint par Sophie et Me Laurent, nous prîmes la route en direction du domaine des Ormes. La nuit était tombée, enveloppant la campagne d'un manteau d'encre épaisse. La pluie commença à tomber en petites gouttes drus contre le pare-brise.

Le domaine des Ormes était une bâtisse luxueuse entourée d'un vaste parc boisé et fermée par de grands grilles en fer forgé. De nombreuses voitures de luxe étaient garées dans l'allée principale. De toute évidence, une fête privée servant de couverture à la transaction illégale s'y déroulait.

Nous garâmes notre véhicule à l'écart, sous l'ombre de grands chênes, pour ne pas attirer l'attention.

— Voici le plan, dis-je en me tournant vers mes deux alliés. Laurent, tu restes près de la voiture pour guider les gendarmes dès qu'ils arriveront. Sophie et moi, nous nous introduisons à l'intérieur pour interrompre la signature et confronter Marc et Clara devant leurs investisseurs.

— Sois prudent, Daniel, murmura Sophie en me tendant un petit enregistreur audio discret. Marc a des hommes de main pour sa sécurité. Ils ne hésiteront pas à utiliser la force s'ils se sentent menacés.

— Ils ont sous-estimé un fils qui défend sa mère, répondis-je en glissant l'enregistreur dans ma veste. C'est l'heure du règlement de comptes.

Je me glissai à travers une ouverture dans la haie périphérique, suivi de près par Sophie. Nous nous approchâmes furtivement des grandes baies vitrées éclairées du rez-de-chaussée.

À l'intérieur, au milieu d'un salon luxueux garni de dorures, je vis Clara. Elle semblait fébrile, tenant un verre de gin à la main, vêtue d'une robe du soir somptueuse comme si elle essayait d'oublier la déchéance qui la guettait. À ses côtés se tenait Marc Vaneau, un homme la quarantaine élégante, aux cheveux gominés et au regard froid de prédateur.

May you like

Sur une table en verre au centre de la pièce reposaient les documents officiels de la vente frauduleuse de ma maison. Un notaire marron, visiblement acheté par Marc, trempait son stylo dans l'encre, prêt à faire signer l'acheteur clandestin.

Il était temps de briser l'illusion.

Related Stories

Other posts