Chapter 17 - Le Chantage Ultime

L'existence de ce legs paternel gardé secret pendant plus de vingt ans bouleversa toutes mes certitudes. Mon père, un simple artisan maçon en apparence, avait été autrefois associé à des projets immobiliers d'envergure avant d'être trahi par la famille de Chantal et par les administrateurs de la Banque Métropolitaine.
— C'est incroyable... murmura Sophie en examinant les titres de propriété originaux datés de 1998. Ton père avait tout prévu, Daniel ! Il savait qu'un jour, ces prédateurs tenteraient de dépouiller sa famille, et il a dissimulé cet acte dans une sous-fondation au Luxembourg !
— Mon père était un homme prévoyant, répondis-je avec émotion. Il s'est sacrifié toute sa vie pour me protéger, et aujourd'hui, depuis l'au-delà, il me donne l'arme ultime pour terrasser nos derniers ennemis.
Dès le lendemain à neuf heures, accompagné de Me Laurent et de Sophie, je me rendis au siège de la Banque Métropolitaine. Le directeur général, Monsieur de la Roche, un homme hautain et tiré à quatre épingles, nous reçut dans son grand bureau ministériel au dernier étage.
— Monsieur Daniel, dit de la Roche avec un sourire condescendant. Je vous ai déjà signifié par courrier que notre établissement ne finance pas les entreprises liées à des scandales judiciaires récents. Veuillez quitter mon bureau.
Me Laurent posa alors l'acte foncier de 1998 au centre du bureau en acajou du directeur.
— Monsieur le Directeur, intervint Laurent d'un ton cinglant. Nous ne sommes pas venus solliciter un prêt. Nous sommes venus vous informer qu'en vertu de cet acte de propriété inaliénable, mon client, Monsieur Daniel, est désormais le bailleur principal de cet immeuble. Et nous exigeons le paiement immédiat des loyers arriérés des dix dernières années, soit un montant total de huit millions d'euros.
Le directeur devint subitement blême. Sa tasse de porcelaine manqua de lui échapper des mains.
— Quoi... Qu'est-ce que c'est que cette plaisanterie ?!
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— Ce n'est pas une plaisanterie, répliquai-je en me penchant vers lui. Soit vous débloquez immédiatement les crédits de tous les entrepreneurs honnêtes de cette ville et vous liquidez vos participations dans les sociétés de Marc Vaneau, soit je lance une procédure d'expulsion immédiate contre votre siège social pour défaut de paiement de bail. Vous avez deux heures pour vous décider.
L'arrogance de l'établissement financier s'effondra comme un château de cartes face à la légitimité irréfutable de mon droit de propriété.