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Chapter 9 - Le Visage de l'Ennemi

Le rendez-vous avec Éric Pellerin eut lieu dans un petit salon discret d'un grand hôtel de la rue de la Paix. Le vieux banquier semblait avoir vieilli de dix ans. Ses yeux étaient cernés et ses mains tremblaient légèrement en tenant sa tasse de thé.

« Madame Mercer », dit-il d'une voix fatiguée. « Si vous êtes venue pour me supplier de voter pour vous la semaine prochaine, je crains de devoir vous décevoir. Je ne peux pas m'opposer à M. de Saint-Germain. Mes mains sont liées. »

Je posai délicatement la clé USB sur la nappe blanche entre nous.

« Vos mains ne sont plus liées, M. Pellerin. »

Il fixa le petit objet en plastique bleu avec une incompréhension mêlée de crainte.

« Qu'est-ce que c'est ? »

« Ce sont l'intégralité des fichiers, des enregistrements et des preuves d'opérations financières que mon mari utilisait pour faire chanter votre famille concernant votre fils », expliquai-je d'une voix douce. « C'est la seule et unique copie existante. Les originaux saisis par la police ont été placés sous scellés pour une procédure distincte qui n'impactera pas votre banque. »

Pellerin resta pétrifié, n'osant pas toucher la clé.

« Pourquoi faites-vous cela ? Qu'attendez-vous de moi en échange ? »

« Rien », répondis-je fermement. « Absolument rien. Mon père vous estimait énormément, Éric. Il savait que vous étiez un homme d'honneur pris dans une toile d'araignée tissée par des monstres. Je vous rends votre liberté. Vous êtes libre de voter selon votre conscience lors de l'assemblée générale. »

Des larmes d'émotion montèrent aux yeux du vieil homme. Sa main tremblante s'avança lentement pour se saisir de la clé USB. Il la serra contre lui comme s'il s'agissait du trésor le plus précieux du monde.

« Hélène... », murmura-t-il, la voix brisée par l'émotion. « Vous n'avez pas idée de ce que cela représente pour ma famille. Votre père avait un cœur noble, et je vois aujourd'hui que son sang coule avec la même grandeur dans vos veines. »

Il se redressa, essuya une larme furtive et son regard retrouva soudain une fermeté oubliée depuis des années.

« Saint-Germain pense contrôler cette entreprise », reprit-il d'un ton déterminé. « Il pense que les banques sont dans sa poche. Je vous donne ma parole d'honneur que la banque Pellerin et tous ses affiliés voteront à 100 % pour vous maintenir à la tête de Mercer Biomédical. Et nous couperons immédiatement toutes les lignes de crédit accordées aux sociétés écrans de Saint-Germain. »

Je lui souris avec sincérité.

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Le premier domino de la conspiration venait de tomber.

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