Chapter 15 - Le Rapport Toxicologique

Trois semaines plus tard, les résultats définitifs de l'expertise toxicologique ordonnée après l'exhumation du corps d'Arthur Hale ont été remis au procureur de la République. Le rapport scientifique apportait une preuve irréfutable et terrifiante.
Les analyses des tissus osseux et capillaires ont révélé la présence massive et prolongée d'arsenic et de sédatifs lourds, identiques à ceux retrouvés dans le sang de Margaret lors de sa délivrance. Arthur Hale n'était pas mort d'une crise cardiaque naturelle : il avait été empoisonné à petit feu sur une période d'au moins six mois.
Muni de ce rapport accablant, le procureur a immédiatement requalifié les charges retenues contre Lorraine et Daniel Hale. Ce n'était plus seulement une affaire de fraude financière et de séquestration, mais un dossier de meurtre avec préméditation et tentative d'assassinat en récidive.
Le docteur Julien, le médecin de famille corrompu qui avait falsifié le certificat de décès d'Arthur, a été interpellé à son domicile au petit matin par la police judiciaire. Confronté aux preuves bancaires de son pot-de-vin de deux cent mille dollars et aux résultats du rapport toxicologique, le médecin a complètement craqué lors de sa première heure d'interrogatoire.
« C'est Lorraine qui a tout organisé ! » s'est écrié le docteur Julien en pleurant dans la salle d'interrogatoire. « Elle me menaçait de révéler une ancienne faute professionnelle si je ne signais pas le certificat de décès sans poser de questions ! C'est elle qui fournissait les substances toxiques à Daniel ! »
Ces aveux dévastateurs ont définitivement scellé le sort de Daniel et de sa mère. Il n'y avait plus le moindre doute, plus la moindre échappatoire possible.
Pendant ce temps, la santé de Margaret s'améliorait de jour en jour. Sortie de l'hôpital, elle avait choisi de s'installer temporairement dans un bel appartement sécurisé en centre-ville, loué par mes soins. Nous y passions de longs moments à discuter, reconstruisant ensemble les morceaux d'une histoire familiale brisée par la cupidité.
« Evelyn », m'a dit Margaret un après-midi en me servant une tasse de thé chaud, « tu as sauvé ma vie et restauré la mémoire de mon fils Arthur. Sans ton courage et ton obstination, il serait resté à jamais une victime oubliée d'un crime parfait. »
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« Nous avons fait cela ensemble, Margaret », ai-je répondu doucement. « Si vous ne m'aviez pas agrippé le poignet ce jour-là pour me dire de regarder derrière l'armoire, rien de tout cela ne serait arrivé. »
« Il est temps maintenant de préparer le procès », a ajouté la vieille dame avec un regard déterminé. « Je veux être présente à chaque audience. Je veux qu'ils me regardent dans les yeux lorsqu'ils recevront leur sentence. »