Chapter 11 - Dans la Gueule du Loup

Julien s'avança vers moi, la barre de fer levée. L'obscurité du salon ne faisait qu'amplifier l'atmosphère cauchemardesque de la scène. Mais la terreur qui m'avait paralysée pendant des années avait définitivement laissé place à un instinct de survie aiguisé par la rage.
« Ne m'approche pas, Julien, » dis-je en reculant lentement vers la console en marbre du couloir.
« Tu penses encore pouvoir m'ordonner quelque chose ? » ricana-t-il, un rictus démoniaque plaqué sur le visage. « Tu as détruit mon nom, tu m'as volé mon entreprise, tu as fait enfermer mes alliés ! Mais cette nuit, tout s'arrête. On va faire passer ça pour un cambriolage qui a mal tourné. Un tragique accident pour la pauvre héritière Valmont. »
Il leva la barre de fer et s'élança. Au même instant, ma main gauche attrapa une lourde sculpture en bronze posée sur la console et je la lui projetai de toutes mes forces en plein visage.
Le projectile l'atteignit à la joue. Julien poussa un rugissement de douleur et chancela en arrière, lâchant sa barre de fer qui résonna lourdement sur le parquet. Sans perdre une fraction de seconde, je ramassai l'arme et me portai au secours d'Adrien qui reprenait péniblement ses esprits, un filet de sang coulant sur sa tempe.
« Adrien ! Levez-vous ! » criai-je en le tirant par le bras.
Julien se redressa, la joue en sang, les yeux exorbités par la folie. « Espèce de garce ! »
Il se jeta à nouveau sur nous, mais Adrien, retrouvant ses réflexes, lui asséna un coup de pied magistral au thorax qui l'envoya valser contre le buffet en cristal. La vaisselle de famille s'écrasa dans un fracas assourdissant.
À ce moment exact, la porte d'entrée de l'appartement fut défoncée par deux hommes de la sécurité privée du bâtiment que j'avais alertés via le bouton de panique dissimulé sous ma montre connectée dès l'extinction des feux.
« Mains sur la tête ! Ne bougez plus ! » hurlèrent les agents armés en braquant leurs lampes tactiques sur Julien.
Julien, acculé au milieu des éclats de verre et de sa propre démence, réalisa qu'il venait de commettre l'acte d'agression ultime de trop. Il laissa tomber ses bras le long du corps, crachant du sang au sol, et me fixa avec un regard d'une haine indescriptible.
« Tu ne t'en tireras pas comme ça, Clara... Ma mère achèvera ce que j'ai commencé ! » cracha-t-il alors que les agents le plaquaient au sol et lui passaient les menottes.
Deux heures plus tard, alors que la police judiciaire effectuait les relevés de traces et d'indices dans le salon dévasté, les pompiers soignaient la plaie d'Adrien. Je m'assis à côté de lui sur le balcon, observant les gyrophares bleus qui illuminaient la façade.
« Vous allez bien ? » me demanda Adrien d'une voix douce en me tendant un verre d'eau.
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« La blessure physique guérit, Adrien, » répondis-je en regardant ma main droite bandée. « Mais ce qu'il a dit sur Évelyne est vrai. Julien n'était que le bras armé. La véritable créature venimeuse, c'est elle. Et c'est elle que nous devons abattre maintenant. »
Adrien sortit de sa poche un petit téléphone portable qu'il avait réussi à ramasser dans la poche de Julien pendant leur lutte. « Julien a fait une erreur en venant ici. Son téléphone personnel est déverrouillé. Et il contient la liste complète des comptes bancaires secrets d'Évelyne. »