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Chapter 3 - L'Ombre du Bourreau

Alors que je terminais d'enregistrer les clichées probants sur mon téléphone, un bruit de pas lourds retentit au-dessus de nos têtes, faisant grincer le plancher du rez-de-chaussée. La porte d'entrée de la maison venait de se refermer.

« Evelyn ? » appela une voix forte et faussement chaleureuse depuis l'entrée. « Est-ce que c'est votre voiture qui est garée dans l'allée ? »

C'était Grant. Il était rentré plus tôt que prévu.

Mon cœur a fait un bond dans ma poitrine, mais mes mains sont restées d'une immobilité de marbre. J'ai fait signe à Claire de ne pas émettre le moindre son. Elle s'est cramponnée à ma veste, les yeux écarquillés par une terreur panique. Je me suis relevée lentement, glissant le pied-de-biche derrière mon dos, dissimulé le long de ma jambe.

Les pas se sont approchés de l'entrée du sous-sol. La silhouette élancée de Grant s'est découpée dans l'encadrement de la porte ouverte. Vêtu d'un costume sur mesure impeccable, la cravate ajustée au millimètre, il affichait cette assurance arrogante qui le caractérisait si bien. Mais lorsqu'il a vu le cadenas détruit pendouiller au bout de son cadenas brisé, son visage s'est décomposé une fraction de seconde, laissant disparaître son masque de gendre parfait.

Il a descendu les premières marches avec une lenteur calculée, ses yeux sombres glissant de ma figure impassible vers le matelas où Claire était tapie.

« Vous n'auriez jamais dû descendre ici, Evelyn, dit-il d'une voix basse, dénuée de toute émotion humaine. Vous venez de gâcher tout ce que j'avais patiemment construit. »

« Tu es un monstre, Grant, répondis-je sans ciller, le fixant droit dans les yeux. Tu vas passer le reste de tes jours dans une cellule de haute sécurité. »

Il a lâché un rire froid et méprisant, faisant un pas supplémentaire vers nous.

« Une cellule ? Vous rêvez ma chère belle-mère. Qui pensez-vous qu'on croira ? Un homme d'affaires influent et philanthrope, ou une ancienne procureure aigrie et paranoiaque qui s'est introduite par effraction chez son gendre ? Claire souffre de graves troubles psychiatriques depuis des mois. Elle a eu une crise d'immense violence. J'ai dû la protéger d'elle-même. Tout ce que vous voyez ici n'est qu'un dispositif médical d'urgence temporaire. »

« Tu oses qualifier cela de soins médicaux ? » crchai-je, le dégoût me soulevant le cœur. « Elle est enchaînée comme une bête sauvage ! »

« Elle a failli tout détruire ! » rugit-il soudain, perdant son calme olympien pour laisser entrevoir la folie qui le rongeait. « Elle a fourré son nez là où il ne fallait pas ! Elle allait ruiner ma société, ma carrière, ma vie entière ! Je n'avais pas le choix ! »

Pendant qu'il s'emportait, j'ai discrètement appuyé sur la touche d'appel d'urgence pré-programmée sur mon téléphone resté dans ma poche ouverte. Le réseau captatit faiblement, mais la ligne d'urgence de la police était désormais ouverte, enregistrant chaque parole de sa confession spontanée.

« Tu n'as plus aucun contrôle, Grant, déclarai-je calmement. C'est terminé. »

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Il a avancé la main vers sa veste, comme s'il cherchait à en sortir quelque chose. Mais avant qu'il ne puisse esquisser le moindre mouvement agressif, les sirènes de police ont retenti au loin, leur hurlement strident se rapprochant à toute vitesse dans la rue résidentielle. J'avais déclenché l'alerte silencieuse via l'application de géolocalisation des forces de l'ordre dès que j'avais entendu le signal SOS de Claire.

Le visage de Grant est devenu livide. Il a jeté un regard affolé vers l'escalier, puis vers nous. La réalité venait de le rattraper.

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