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Chapter 9 - La Griffe de la Justice

La pluie battante martelait le toit en tôle de l'entrepôt de Johannesbourg avec une violence redoublée. À l'intérieur, la tension était à son comble. Marcus Thorne pointait la lame d'acier froid de son revolver directement sur le torse de Samuel Briggs. Daniel, maintenu au sol par deux hommes de main, luttait violemment mais impuissant.

— Donne-moi ce dossier, Samuel, ou je te plombe le buffet ici même, ordonna Thorne, la voix déformée par la haine.

Samuel serra la pochette en cuir contre sa poitrine. Malgré son corps brisé par les ans, le vieil homme ne cilla pas.

— Tu as détruit ma vie il y a quinze ans, Marcus. Tu as vendu mes bêtes, tu as saboté mon cirque. Mais tu ne toucheras plus jamais à Jabari.

Au moment où Thorne posait son doigt sur la détente pour exécuter le vieil homme, un fracas assourdissant secoua la porte vitrée du bureau de l'entrepôt. Les phares puissants de trois véhicules tout-terrain de la police fédérale sud-africaine balayèrent l'obscurité de la salle, aveuglant les hommes de main.

— Police ! Ne bougez plus ! Lâchez vos armes ! retentit un haut-parleur extérieur.

Pris de panique, les gardes de Thorne hésitèrent une fraction de seconde. C'est le moment que choisit Daniel pour exécuter une balayette fulgurante, faisant s'effondrer l'homme qui le maintenait. Daniel s'empara du fusil du garde et tira une sommation au plafond.

Dans la confusion totale, Thorne tenta de prendre la fuite vers une issue de secours en braquant son arme sur Samuel. Mais le vieil homme, retrouvant une énergie prodigieuse née du désespoir, fit pivoter lourde sa canne en bois dur et frappa violemment le poignet de Thorne. Le revolver vola dans l'obscurité.

Les forces spéciales sud-africaines investirent le bâtiment en quelques secondes, neutralisant les hommes de main et plaquant Thorne contre la paroi métallique rouillée.

En tête des policiers s'avança Maître Clara Dupont. L'avocate arborait un sourire triomphant en désignant les documents que Samuel tenait toujours fermement sous son bras.

— Excellent travail, Monsieur Briggs, dit-elle en s'approchant du dresseur sous le choc. Grâce à la géolocalisation de votre téléphone que j'avais activée avant votre départ, nous avons pu guider les inspecteurs à temps. Et le témoignage enregistré sur votre téléphone pendant que Thorne avouait le sabotage du cirque servira de preuve irréfutable pour le faire condamner à vingt ans de prison.

Thorne, les menottes aux poignets, cracha par terre en passant devant Samuel.

— Tu n'as pas encore gagné, Briggs ! Vance a déjà commencé le transfert de Jabari vers la ferme de chasse ! Tu arriveras trop tard au Kenya !

Ces mots agirent comme un coup de poignard dans le cœur du vieil homme.

— Que voulez-vous dire ? s'écria Samuel en agrippant le col du traître.

— Vance sait que vous étiez venus chercher ce papier, railla Thorne avec une méchanceté pure. Il a obtenu un ordre d'euthanasie d'urgence pour motif de dangerosité sanitaire. Le lion sera abattu au lever du jour si vous n'êtes pas là pour vous y opposer !

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Samuel regarda sa montre. Il était quatre heures du matin. Le lever du jour au Kenya avait lieu dans moins de trois heures. Le combat pour la vie de Jabari se transformait désormais en une course contre la montre désespérée à travers le continent.

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