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Chapter 2 - La Porte Franchie

Lorsque je coupai le moteur de ma voiture devant la demeure majestueuse des Vance, la pluie n'avait pas faibli. La maison, une bâtisse bourgeoise aux façades sombres entourée d'un parc boisé, semblait paisible en apparence. Seule une lumière tamisée éclairait la baie vitrée du premier étage.

Je bondis du véhicule et montai les marches du perron quatre à quatre. Avant même que j'aie pu appuyer sur la sonnette, la lourde porte en chêne massif s'ouvrit lentement.

Ethan Vance se tenait là, pieds nus sur le marbre du hall. Il portait un pantalon à pinces impeccablement repassé et une chemise blanche dont le poignet droit était taché d'une empreinte sombre et fraîche. Son visage était calme, presque insolent. Il me dévisagea avec un sourire condescendant, comme s'il s'agissait d'un livreur venu à la mauvaise heure.

« Bonsoir Mara. Tu viens bien tard. Claire dort », déclara-t-il d'un ton suave, sans le moindre tremblement dans la voix.

« Elle vient de m'appeler », répliquai-je en maintenant son regard, mes muscles tendus comme des arcs.

« Elle est très émotive ces derniers temps. Tu connais sa fragilité psychologique. Elle a trop bu et elle s'imagine des histoires. »

« Écarte-toi de mon chemin, Ethan. »

Son sourire se fit plus tranchant, presque provocateur. Il posa sa main contre le cadre de la porte pour me bloquer totalement l'accès.

« C'est une simple dispute conjugale, Mara. Une affaire de famille. Tu n'as rien à faire ici à trois heures du matin. Rentre chez toi. »

Au même instant, un bruit sourd et mat retentit à l'étage, suivi d'un gémissement étouffé. C'était la voix de Claire. Un son brisé, terrifié, d'une détresse absolue.

Mon sang ne fit qu'un tour. Mes mains restèrent bien visibles à hauteur de poitrine pour respecter la procédure standard, mais ma voix descendit d'un octave :

« Ethan, je te le demande une seule fois. Pousse-toi immédiatement. »

Il se pencha légèrement vers moi, réduisant la distance jusqu'à ce que je sente l'odeur du scotch bon marché mélangée à son parfum de luxe.

« Tu n'as pas de mandat de perquisition, Lieutenant. Tu sais très bien que tout ce que tu feras ici sans mandat sera rejeté par un juge. »

Il avait répété cette phrase. La fluidité avec laquelle il l'avait prononcée prouvait que ce n'était pas la première fois qu'il envisageait l'intervention de la police. C'était un homme méthodique, habitué à contrôler son environnement et à utiliser le droit pour se protéger.

Puis, au sommet de l'escalier, Claire émit un nouveau cri, plus faible mais effrayant.

Danger imminent. Circonstances d'urgence absolue. La protection de la vie humaine primait sur toutes les autorisations écrites.

Sans hésiter une fraction de seconde, je poussai violemment la porte et m'infiltrai dans le hall. Ethan essaya de me rattraper au passage. Ses doigts agressifs s'agrippèrent fermement à mon bras pour me retenir.

Ce fut sa seconde erreur.

Utilisant la force de son propre élan, je pivotai sur mes appuis, attrapai son poignet avec une clé de bras imparable et le plaquai brutalement contre le mur en marbre du couloir. Le choc fit tinter les appliques en cristal.

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« Touche-moi encore une fois, lui murmurai-je directement à l'oreille avec une froideur glaciale, et j'ajoute immédiatement agression sur officier de police à ton dossier. »

Le visage d'Ethan se décomposed sous l'effet de la douleur et de la surprise. Ce n'était pas encore de la terreur, mais de la pure stupéfaction. Le prédateur venait de réaliser que sa proie n'était plus seule.

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