Chapter 13 - La Tour des Secrets

Les sirènes hurlantes des escortes de sécurité ouvraient la voie à travers les rues enneigées de Boston. La tempête avait enfin cessé, laissant place à un ciel de traîne gris et froid. Le centre-ville était désert, bloqué par des dizaines de véhicules de police et d'unités d'intervention du FBI qui assiégeaient le gigantesque gratte-ciel de Miller Global Finance.
La tour de verre et d'acier de soixante étages se dressait dans le ciel comme un monument à l'arrogance et à la cupidité. Au sommet, dans le penthouse exécutif, Arthur Miller s'était barricadé, refusant toute négociation avec les autorités fédérales.
Le convoi d'Elias fusa à travers les barrages de police grâce à des laissez-passer de haute priorité accordés par le Procureur Général lui-même. La voiture s'arrêta au pied du poste de commandement mobile du FBI.
Un agent spécial en chef s'avança vers Elias et Sarah dès qu'ils descendirent du véhicule.
« Monsieur Vance, Madame Miller », déclara l'agent d'un ton grave. « La situation est critique. Arthur Miller a coupé tous les accès aux ascenseurs principaux et a piégé les portes d'accès aux escaliers de secours avec des charges pyrotechniques. Il menace de détruire les serveurs centraux dans trente minutes, ce qui effacera définitivement les économies de millions de citoyens et provoquera un krach bancaire majeur. »
« Il y a un ascenseur de service réservé aux équipes de maintenance », intervint immédiatement Sarah. « Son accès se trouve dans le parking souterrain du niveau minus trois. Il fonctionne sur un réseau électrique indépendant. »
L'agent du FBI scruta Sarah avec étonnement. « Vous êtes sûre de vous ? »
« J'ai accompagné mon mari Richard pendant des mois lorsqu'il a supervisé l'installation de ce système », répondit-elle fermement. « Je connais ce bâtiment mieux que quiconque. »
Elias se tourna vers l'agent spécial. « Donnez-nous une équipe d'assaut tactique. Sarah et moi allons vous guider jusqu'au soixantième étage par cet accès secret avant qu'Arthur ne déclenche son programme de destruction. »
Moins de cinq minutes plus tard, vêtus de gilets pare-balles légers sous leurs manteaux, Elias et Sarah s'infiltraient dans les sous-sols sombres du siège social, escortés par quatre hommes d'élite du SWAT lourdement armés.
L'ascenseur de service du niveau -3 était dissimulé derrière un panneau mural en béton. Sarah saisit le digicode de secours secret que Richard lui avait confié autrefois : 1-9-8-4-#.
Les lourdes portes métalliques de l'ascenseur s'ouvrirent dans un grincement sourd. L'équipe s'engouffra à l'intérieur. L'ascenseur commença sa montée vertigineuse vers le soixantième étage.
Le compteur d'étages défilait frénétiquement : 10... 20... 30... 40...
« Trente secondes avant l'arrivée au penthouse », prévint le commandant du SWAT en armant son fusil d'assaut. « Soyez prêts à tout. Arthur Miller sait qu'il joue sa vie. »
Sarah sentit son cœur battre frénétiquement dans sa poitrine. Elle ferma les yeux un instant et repensa aux visages de ses trois enfants, en sécurité dans la base militaire du Maine sous la garde de Robert. Elle se battait pour leur avenir, pour la mémoire de Richard, et pour clore ce chapitre d'enfer.
Elias attrapa doucement sa main et la serra fort. « Nous y sommes presque, Sarah. Restez derrière moi dès que les portes s'ouvriront. »
Arrivé au soixantième étage, l'ascenseur s'arrêta avec un choc sec. Les portes s'ouvrirent sur un hall majestueux en marbre noir totalement désert. Mais un silence de mort régnait dans l'étage.
Guidés par Sarah, le groupe s'avança à pas feutrés vers le grand bureau présidentiel situé au bout d'un long couloir bordé de baies vitrées donnant sur tout Boston.
À travers la porte vitrée fumée du bureau, une silhouette humaine était visible, assise derrière l'immense bureau de direction, le visage éclairé par la lueur blafarde de plusieurs écrans d'ordinateur.
Le commandant du SWAT fit un signe de la main. Trois... deux... un...
Les hommes du SWAT enfoncèrent la porte en verre qui vola en éclats. « FBI ! Ne bougez plus ! Mains sur la tête ! »
Mais lorsque la fumée se dissipa et que les projecteurs tactiques éclairèrent la pièce, un murmure de stupéfaction s'éleva parmi les agents.
La personne assise dans le fauteuil présidentiel n'était pas Arthur Miller... C'était Eleanor Miller, son épouse, un pistolet automatique posé sur le bureau devant elle, et un détonateur numérique relié au serveur central entre ses mains tremblantes !
« Eleanor... », murmura Sarah, stupéfiée.
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« Il est trop tard », dit Eleanor avec un sourire démentiel, les yeux injectés de sang. « Arthur s'est enfui par l'héliport il y a dix minutes en me laissant tout porter ! Mais vous ne gagnerez pas ! Je vais tout faire sauter ! »
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