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Chapter 11 - Le Journal Secret d'un Héritier

Un silence religieux envahit la salle d'audience. Le juge scruta Sebastián avec attention, puis fit un signe de la main autorisant la diffusion de la vidéo sur les écrans du tribunal.

L'avocat Maître Varga tenta d'intervenir :

— Votre Honneur ! C'est une procédure irrégulière ! Nous n'avons pas eu communication de cet élément !

— Rejeté, coupa le juge d'un ton sec. S'agissant du bien-être d'un nouveau-né, le tribunal accepte toute preuve éclairante. Monsieur Alcázar, lancez votre enregistrement.

Sebastián brancha une petite clé USB sur le terminal du tribunal. Sur les grands écrans muraux apparut l'image claire d'un bureau médical. On y voyait parfaitement le Docteur Reyes assis à son bureau, discutant avec un homme dont le visage était dissimulé par une casquette.

— *Reyes,* disait la voix de l'homme sur la vidéo, *voici le dernier versement de deux cent mille dollars de la part de Doña Rebeca. Vous confirmez que la déposition de demain déclarera Valeria folle à lier ?*

— *Évidemment,* répondait la voix très distincte du Docteur Reyes sur la bande sonore. *J'ai rédigé de faux rapports psychiatriques depuis qu'elle a dix-huit ans, tout comme je l'ai fait pour sa mère Hélène. Tant que l'argent arrive sur mon compte à Zurich, la justice croira à une maladie génétique familiale.*

Dans la salle d'audience, ce fut un tollé général. Des hoquets de stupeur retentirent. Le Docteur Reyes s'effondra sur son siège, le visage décomposé, réalisant que sa carrière et sa liberté venaient de voler en éclats.

— Arrestation immédiate pour faux témoignage sous serment, falsification de dossiers médicaux et complicité d'empoisonnement ! ordonna le juge, hors de lui, en désignant Reyes aux officiers de sécurité qui lui passèrent les menottes sur-le-champ.

Le juge se tourna ensuite vers l'équipe d'avocats de la défense, qui ne savaient plus où se mettre.

— Quant à vous, Maître Varga, je vais transmettre votre comportement au conseil de l'ordre. La garde exclusive du petit Leo Alcázar est accordée immédiatement et sans restriction à sa mère, Madame Valeria Laurent. Tous les ordres de soins psychiatriques forcés sont définitivement annulés !

Valeria laissa éclaper un sanglot de soulagement, serrant Camille dans ses bras. Pour la première fois depuis des mois, la vérité triomphait de la terreur.

Après l'audience, dans le grand hall du palais de justice, Sebastián s'approcha de Valeria. Il gardait une distance respectable, conscient du traumatisme qu'il lui avait infligé par le passé.

— Tu as été incroyable, Sebastián, dit doucement Valeria. Comment as-tu obtenu cette vidéo ?

— C'est Mateo, le vieil intendant, qui m'a aidé, expliqua Sebastián avec un tendre sourire. Il savait que Reyes rencontrait régulièrement l'homme de main de Rebeca. Nous avons piégé son bureau hier soir. Mais ce n'est pas tout, Valeria… J'ai terminé de lire le journal de mon père.

Il sortit de sa veste un petit carnet en cuir usé par les années et le lui tendit.

— Mon père avait prévu tout ce qui se passe aujourd'hui. Il savait que Rebeca tenterait de spolier votre famille. Dans ce journal, il indique l'emplacement secret des titres originaux de la holding Alcázar. Plus de cinquante-et-un pour cent des actions n'ont jamais appartenu à ma mère : elles avaient été placées sous un trust bloqué au nom de l'héritier direct de la branche Laurent.

Camille ouvrit de grands yeux.

— Ce qui veut dire… que Valeria est la majorité absolue du groupe Alcázar ?

— Exactement, confirma Sebastián. Valeria n'est pas seulement libérée de la menace… Elle est désormais la véritable propriétaire de toute l'entreprise.

Mais alors qu'un sentiment de victoire semblait enfin s'installer, le téléphone de Sebastián vibra frénétiquement. C'était un message urgent en provenance de la prison centrale où Rebeca était détenue.

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Le message indiquait : *"Doña Rebeca vient d'être transférée à l'infirmerie de la prison suite à une crise cardiaque suspecte. Un véhicule d'urgence non identifié vient de forcer le barrage d'entrée."*

Rebeca Alcázar n'avait pas dit son dernier mot. Sa fuite venait de commencer.

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