Chapter 15 - Dans le Tenebreux Labyrinthe

Le lendemain matin, le soleil se leva sur San Pedro, balayant les brumes de la nuit d'une lumière dorée et apaisante. Au sein de la résidence sécurisée, l'atmosphère s'était enfin détendue. Hélène Laurent, remise de sa blessure par balle grâce à une intervention chirurgicale réussie, reposait paisiblement dans la chambre du premier étage, entourée de ses deux filles.
Valeria tenait la main de sa mère. Les deux femmes n'avaient pas eu l'occasion de se parler depuis quinze ans.
— Pardon de ne pas avoir été là pour vous protéger, murmura Hélène, les yeux mouillés de l'armes. Rebeca m'a fait croire que vous étiez mortes toutes les deux… Elle a brisé ma vie.
— C'est fini maintenant, maman, répondit doucement Valeria en embrassant son front. Nous sommes ensemble. Leo est là, et personne ne nous séparera plus jamais.
Camille entra dans la chambre, un plateau de café chaud à la main, suivie de près par Sebastián.
Sebastián s'arrêta sur le seuil, hésitant à gâcher ces retrouvailles familiales. Valeria lui fit un signe de la tête, l'invitant chaleureusement à approcher.
— Entre, Sebastián, dit-elle. Tu fais partie de cette victoire.
Sebastián s'avança et déposa sur le lit le dossier médical original de Valeria, qu'il avait récupéré dans les coffres de la clinique privée après la mise sous scellés des lieux par la justice.
— Voici les preuves originales de ton empoisonnement et les faux certificats de Reyes, dit-il. La justice a définitivement annulé toutes les procédures d'internement. Tu es officiellement réhabilitée, Valeria. Et ton nom est totalement purifié aux yeux du monde.
— Et la holding ? demanda Camille.
— Les actionnaires se sont réunis ce matin en assemblée générale extraordinaire, annonça Sebastián avec un grand sourire. Doña Rebeca et Octavio ont été déchus de tous leurs mandats d'administrateurs. Tu as été élue à l'unanimité Présidente du Groupe Alcázar-Laurent, Valeria. La société va changer de nom pour devenir la Fondation Laurent, dédiée à l'éthique et au soutien des victimes.
Valeria regarda son mari avec une profonde émotion. L'homme hésitant, manipulé et aveuglé par sa mère avait laissé place à un homme courageux, prêt à renoncer à son propre privilège pour rétablir la vérité.
— Et toi, Sebastián ? demanda-t-elle doucement. Que vas-tu faire ? Tu as découvert que tu n'étais pas un Alcázar de sang… Cela ne te fait-il pas souffrir ?
Sebastián laissa échapper un léger rire libérateur.
— Pendant trente ans, j'ai porté le poids d'un nom entaché de crimes et d'orgueil mal placé. Découvrir que je ne suis pas le fils de Fernando Alcázar est la plus grande bénédiction de ma vie. Je n'ai plus besoin d'être un héritier artificiel. Tout ce que je veux être désormais, c'est un bon père pour Leo et… si tu me le permets un jour, un homme digne de ton amour.
May you like
Valeria se leva et s'approcha de lui. Elle posa sa main sur sa joue, sentant la chaleur de sa peau. Les blessures de son passé ne s'effaceraient pas en un jour, mais le chemin du pardon était désormais ouvert.
— Tu as déjà commencé à le prouver, Sebastián, murmura-t-elle.