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Chapter 7 - Un Visage dans la Brume

Le véhicule mystérieux maintenait une distance constante derrière la berline de Camille. Dans les rues désertes du quartier financier de San Pedro, l'atmosphère était électrique. Le ciel nocturne menaçait d'exploser en un orage violent, reflétant le chaos qui régnait dans la vie de la famille Alcázar.

— Nous sommes suivis, dit soudainement Camille en jetant un coup d'œil dans son rétroviseur intérieur.

Sebastián se retourna sur son siège, plissant les yeux à travers la vitre arrière mouillée par les premières gouttes de pluie.

— Ce sont probablement les hommes de main d'Octavio. Il a toujours employé une société de sécurité privée pour exécuter ses basses œuvres. S'ils réalisent que nous allons à son bureau, ils tenteront de détruire les serveurs avant notre arrivée.

— Accroche-toi ! cria Camille en écrasant l'accélérateur.

La berline rugit et négocia un virage serré à gauche, s'engouffrant dans une ruelle étroite entre deux gratte-ciels. Le véhicule poursuivant accéléra à son tour, tentant de les pincer contre le trottoir. Mais Camille, rompue aux manœuvres de sécurité lors de ses missions antérieures pour la justice, donna un coup de volant sec et parvint à s'insérer dans le parking souterrain du centre d'affaires juste avant que la grille automatisée ne se referme.

La voiture poursuivante s'encastra violemment contre la grille métallique dans un fracas d'acier tordu, les bloquant à l'extérieur pour quelques minutes précieuses.

— Dépêchons-nous ! dit Sebastián en sautant hors du véhicule.

Ils prirent l'ascenseur privé menant directement au quarantième étage, où se trouvaient les bureaux de la firme juridique d'Octavio Alcázar. Lorsqu'ils émergèrent dans le grand hall désert aux parois de verre, le silence était inquiétant. Sebastián se dirigea immédiatement vers le bureau d'angle d'Octavio.

Derrière un tableau de peinture de maître accroché au mur, il découvrit le coffre-fort numérique.

— Tu connais le code ? demanda Camille, le regard fixé sur les portes de l'ascenseur qui risquaient de s'ouvrir à tout moment.

— Octavio est un homme d'une vanité absolue, répondit Sebastián en tapant une série de chiffres sur le clavier électronique. Il utilise toujours la date de fondation du premier cabinet de notre grand-père.

Le bip vert retentit et la lourde porte en acier s'ouvrit dans un déclic étouffé. À l'intérieur se trouvaient plusieurs passeports sous de fausses identités, des liasses de billets en devises étrangères et surtout… un petit boîtier noir contenant le terminal de sécurité financière.

— Je l'ai ! s'écria Sebastián.

Mais au moment où il se retournait, une voix féminine glaciale retentit depuis le seuil du bureau.

— Comme c'est touchant… Le fils prodige qui essaie de jouer les héros.

Sebastián et Camille se figèrent. Debout près de la porte, vêtue d'un imperméable sombre, se tenait une femme d'une quarantaine d'années. Son visage magnifique portait des traits étrangement similaires à ceux de Valeria, mais ses yeux brûlaient d'un feu sombre et implacable.

— Qui êtes-vous ? demanda Sebastián, interloqué.

Camille laissa échapper un souffle coupé, la pâleur envahissant instantanément son visage.

— Ce n'est pas possible… murmurit Camille. Tu es censée être morte…

La femme laissa échapper un rire amer qui résonna dans le bureau vide.

— Morts ? C'est ce que Rebeca vous a fait croire à toutes les deux, n'est-ce pas ? La pauvre Hélène Laurent, votre mère, prétendument décédée dans un asile psychiatrique loin de tout…

Valeria et Camille pensaient leur mère morte depuis plus de quinze ans. Mais la femme qui se tenait devant eux n'était autre qu'Hélène Laurent, le spectre du passé que Rebeca croyait avoir effacé à jamais.

— Maman… ? balbutia Camille, les larmes lui montant aux yeux.

— Ne m'appelle pas comme ça ! cracha Hélène avec une violence inattendue. Vous m'avez abandonnée ! Vous avez laissé cette famille me voler toute ma vie ! Et maintenant, ce pactole m'appartient. Donnez-moi ce boîtier, Sebastián. Je suis la légitime propriétaire de ces fonds !

Sebastián recula d'un pas, serrant le boîtier contre lui.

— Hélène… ma mère vous a fait du mal, je le sais aujourd'hui. Mais cet argent appartient à la holding et doit servir à réparer le préjudice causé à Valeria et à son enfant !

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— Valeria est une faible ! rugit Hélène en sortant une arme de son manteau. Elle s'est laissée soumettre comme moi ! Donnez-moi ce boîtier ou je tire !

Le piège venait de se refermer. La haine et la folie distillées par la famille Alcázar pendant des décennies venaient de transformer la victime de hier en le bourreau d'aujourd'hui.

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