Chapter 27 - Le Destin d'un Lâche

Alors que notre famille baignait dans le bonheur et la sérénité, qu'était-il advenu de Victor Mercier ?
Après l'exécution de sa peine de prison et le respect strict de ses obligations d'aménagement sous bracelet électronique, Victor avait tenté de se réinventer une vie anonyme dans une petite ville industrielle du nord de la France.
Dépouillé de sa fortune, privé de tous ses réseaux et banni des cercles de la haute société parisienne qui l'avaient autrefois encensé, il travaillait comme manutentionnaire dans un entrepôt de logistique. Son salaire servait en grande partie à rembourser les indemnités civiles dues aux victimes de ses affaires financières passées.
Un soir de pluie, après une longue journée de travail physique éprouvant, Victor s'installa dans le petit appartement d'une pièce qu'il louait au-dessus d'une boulangerie. Il alluma la télévision pour regarder le journal régional.
À l'écran apparut soudain un reportage consacré à l'inauguration d'un nouveau centre d'accueil pour femmes victimes de violences à Lille.
Le caméraman balaya la tribune officielle et se fixa sur le visage d'Emily. Elle apparaissait resplendissante d'élégance, s'exprimant avec aisance devant le préfet et les caméras de télévision. À ses côtés se tenait Gabriel, tenant par la main la petite Victoria qui riait aux éclats.
Victor resta pétrifié devant son écran, une brique au fond de l'estomac.
Il réalisa en un éclair l'immensité de ce qu'il avait perdu. Il avait eu entre les mains l'amour sincère d'une femme exceptionnelle, la sécurité d'une famille aimante et l'opportunité d'une vie honorable. Mais guidé par l'orgueil, la cruauté et la cupidité que sa mère lui avait insufflées, il avait tout détruit de ses propres mains.
Il vit la petite Victoria faire un signe de la main à la caméra. Il comprit que cette enfant porterait son ancien nom réhabilité par la lumière, mais qu'elle ne saurait jamais rien de lui, si ce n'est l'ombre d'un mauvais souvenir balayé par la justice.
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Victor éteignit la télévision. Il se retrouva seul dans le silence glacial de sa chambre mansardée.
Il n'y avait plus de haine en lui, plus d'arrogance, plus de désir de vengeance. Il ne restait que le vide absolu d'une vie gâchée par sa propre lâcheté. C'était là sa véritable prison, une condamnation à perpétuité infligée par sa propre conscience.