Chapter 15 - Un coup de théâtre spectaculaire

Le procès approchait de son terme, mais la folie de Preston allait réserver un dernier sursaut dramatique.
L'avant-veille du délibéré du jury, alors qu'il était transféré sous escorte médicale du centre de détention vers l'hôpital carcéral en raison de prétendus problèmes cardiaques — une ruse simulée par son avocat pour obtenir une remise en liberté —, le fourgon cellulaire fut bloqué dans un embouteillage au centre-ville.
Profitant d'une inattention du garde stagiaire qui l'accompagnait et faisant preuve d'une témérité née du désespoir, Preston réussit à déverrouiller sa menotte avec une clé volée lors de son examen médical. Il poussa violemment le garde hors du véhicule arrêté et s'enfuit dans la foule des piétons !
L'alerte générale fut immédiatement lancée dans toute la ville. Un fugitif dangereux en cavale.
Deux heures plus tard, je me trouvais seule dans l'ancien bureau de Thomas, situé dans les locaux en rénovation de sa start-up que nous venions de racheter. Gabriel était parti chercher Sophie à l'école avec des gardes du corps pour la mettre en sécurité dès l'annonce de l'évasion.
Soudain, la porte du bureau s'ouvrit brutalement.
Preston s'engouffra dans la pièce, haletant, le visage couvert de sueur et de saleté, les vêtements déchirés. Ses yeux étaient injectés de sang, empreints d'une démence terrifiante. Il verrouilla la porte derrière lui.
— Évelyne... cracha-t-il d'une voix rauque.
Je me levai lentement derrière le bureau, gardant mon calme malgré le pic d'adrénaline qui traversa mon corps.
— Tu es fou, Preston, dis-je d'une voix posée. La police te cherche dans toute la ville. Tu penses aller où ?
Il s'avança vers moi, un ouvre-lettre métallique tranchant qu'il avait volé sur un bureau du couloir serré dans sa main droite.
— C'est de ta faute ! hurlait-il, des postillons s'échappant de ses lèvres. Tu as tout gâché ! Mon mariage, ma fortune, ma réputation ! Mes parents sont à la rue à cause de toi ! Tu devais rester la petite sœur obéissante et pauvre ! Pourquoi tu n'as pas fermé ta gueule ce soir-là ?!
— Parce que tu as frappé ma fille, répondis-je en le fixant sans trembler dans les yeux. Et parce que je ne te laisserai plus jamais faire de mal à qui que ce soit.
— Tu vas me donner les clés de la voiture de Thomas et tout le liquide qui est dans ce coffre ! hurla-t-il en levant l'ouvre-lettre. Sinon je te saigne ici et maintenant !
Je ne reculai pas d'un pouce.
— Regarde derrière toi, Preston.
Il hésita une fraction de seconde, pensant à un piège. Mais soudain, la grande baie vitrée donnant sur le couloir s'illumina d'un coup.
Quatre membres des forces d'intervention spéciale du SWAT, guidés par le signal GPS du téléphone que j'avais discrètement activé sous mon bureau dès qu'il avait défoncé la porte, défoncèrent la porte d'accès latérale.
— Police ! Lâchez votre arme ! À terre ! Immédiatement !
Preston sursauta, fou de terreur. Il tenta d'agiter son arme artisanale, mais deux tirs de pistolet Taser le frappèrent de plein fouet à la poitrine. Des décharges de plusieurs milliers de volts traversèrent son corps. Il émit un couinement ridicule et s'effondra lourdement sur le sol, secoué de convulsions incontrôlables.
Les policiers se jetèrent sur lui, lui plaquant les fers aux poignets et aux chevilles avec une fermeté sans ménagement.
Le sergent Miller entra dans la pièce, remettant son arme au coffre. Il m'examina d'un regard inquiet :
— Vous allez bien, Mme Vance ?
— Je vais très bien, sergent, répondis-je en ajustant ma veste. Mon frère vient simplement d'ajouter vingt ans de prison pour évasion, tentative d'agression à main armée et violation de domicile à son palmarès.
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Preston, étalé sur le sol, le visage collé contre la moquette sale, pleurait comme un enfant. Sa dernière tentative de prise de contrôle s'achevait dans l'humiliation la plus totale.
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