Chapter 7 - La contre-attaque du clan

La nouvelle de l'arrestation de Preston fit l'effet d'une bombe dans les cercles mondains et financiers de la ville. Les rumeurs allaient bon train, mais la famille Vance n'avait pas l'intention de s'avouer vaincue sans se battre avec la dernière des cruautés.
L'après-midi même, alors que je me trouvais au chevet de Sophie à l'hôpital, la porte de la chambre s'ouvrit brutalement. Mon père et ma mère entrèrent, escortés par leur avocat historique, Me Sterling, un homme au regard froid et calculateur.
Je me levai immédiatement, me plaçant en bouclier entre eux et le lit de ma fille qui dormait doucement.
— Sortez d'ici, dis-je d'une voix basse mais tranchante. Vous n'avez rien à faire ici.
Ma mère s'avança, sans même jeter un regard à Sophie. Son visage était un masque de fureur contenue.
— Évelyne, tu as détruit la vie de ton frère, cracha-t-elle. Il est en cellule d'arrêt à cause de tes mensonges et de ta jalousie maladive ! Tu as ruiné son mariage avec la famille Fontaine !
— C'est lui qui a manqué de tuer sa propre nièce ! répondis-je en désignant les pansements sur le visage de Sophie. Regardez-la ! Elle a huit ans ! Comment pouvez-vous encore le défendre après ce qu'il a fait ?
Mon père s'avança à son tour, appuyant ses deux mains sur le bord du lit, tentant d'imposer son autorité patriarchale comme il l'avait fait toute ma vie.
— Écoute-moi bien, Évelyne, dit-il d'un ton menaçant. Tu vas retirer ta plainte immédiatement. Tu vas déclarer aux médias que tout cela était une erreur, que tu étais confuse et que la blessure de Sophie était un pur accident domestique.
— Et si je refuse ?
Me Sterling s'avança alors, ouvrant un dossier en cuir :
— Si vous refusez, Mme Vance, nous lançons dès cette heure une offensive judiciaire totale contre vous. Nous avons rédigé une requête en déchéance de l'autorité parentale. Nous accumulerons les témoignages prouvant que vous êtes financièrement incapable de subvenir aux besoins de cette enfant, que vous souffrez de troubles psychiatriques graves depuis le décès de votre mari, et nous demanderons le placement de Sophie en famille d'accueil en attendant l'aboutissement de la procédure.
Un frisson d'effroi me traversa. Ils utilisaient ma douleur, mon deuil et ma modestie financière comme des armes pour m'arracher ma fille.
— Vous n'oseriez pas... murmurai-je, terrifiée.
— Nous l'avons déjà fait enregistrer au greffe du tribunal, reprit mon père avec un sourire cruel. Tu as deux heures pour signer ce désistement de plainte. Si tu le fais, nous te verserons cinquante mille dollars pour quitter la ville et ne plus jamais refaire surface. Si tu refuses, tu ne reverras plus jamais Sophie. Tu connais mes relations avec les juges de cette ville. Réfléchis bien.
Ils pensaient m'avoir brisée. Pendant un instant, la panique me paralyse. Mais soudain, la porte s'ouvrit à nouveau. Me Marc Antoine et Gabriel entrèrent dans la chambre, accompagnés de deux agents de sécurité armés de l'hôtel.
— M. Vance, dit Me Antoine avec un calme souverain, votre tentative de chantage et d'intimidation dans une enceinte hospitalière vient d'être entièrement enregistrée par le système de surveillance vocale de cette chambre haute sécurité.
Le visage de mon père se décomposa.
— Quoi ?
— Gabriel a fait transférer Évelyne dans cette suite médicale privée ce matin, équipée de caméras et de micros de protection, expliqua Me Antoine avec une satisfaction froide. Vous venez de commettre sous nos yeux le délit de subornation de témoin sous contrainte aggravée. Mes agents ont déjà transmis le flux audio en direct au bureau du procureur.
Gabriel s'avança, pointant la sortie du doigt :
— Sortez d'ici immédiatement, Victor. Avant que la sécurité ne vous jette dehors comme les criminels que vous êtes.
Mon père serra les poings, le visage vert de rage. Il jeta un regard empoisonné à sa propre fille :
— Tu le regretteras, Évelyne. Tu vas tout perdre.
— Non, Père, répondis-je en tenant fermement la main de Sophie qui venait de s'éveiller. C'est vous qui avez déjà tout perdu.
Alors qu'ils s'éloignaient dans le couloir sous l'escorte des gardes, Sophie serra mes doigts et me chuchota :
— Maman... tu as été très forte.
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Pour la première fois depuis des années, je me sentais invincible.
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