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Chapter 16 - La chute des faux dieux

Le jour du verdict final arriva enfin. La grande salle d'audience du tribunal de Cook County était remplie au maximum de sa capacité. Les caméras de télévision, exceptionnellement autorisées pour le prononcé de la sentence, retransmettaient l'événement en direct dans tout le pays.

Je me tenais au premier rang, tenant la main de Gabriel d'un côté et celle de Me Marc Antoine de l'autre. Sophie était restée à la maison sous la protection de garde bienveillants pour lui épargner ce stress.

Dans le box des accusés, Preston se tenait assis, encadré par trois gardes armés. Son évasion ratée et sa récente tentative d'agression lui valaient un isolement renforcé. Il semblait totalement brisé, le regard vide, fixe sur le sol. Un peu plus loin sur le banc des prévenus libres mais sous contrôle judiciaire strict, mes parents Victor et Hélène se tassaient dans des vêtements d'occasion, évitant soigneusement le regard de la foule.

Le juge Harrison entra dans la salle. Un silence solennel s'abattit instantanément sur l'assistance.

Le président du jury se leva pour lire le verdict :

— Sur le premier chef d'inculpation d'agression aggravée sur mineure avec arme par destination : l'accusé Preston Vance est déclaré coupable à l'unanimité.

Un murmure d'approbation courut dans la salle.

— Sur le chef de dénonciation calomnieuse et tentative d'extorsion : coupable à l'unanimité.

— Sur le chef de détournement de fonds de fiducie et escroquerie en bande organisée : coupable à l'unanimité.

— Sur les chefs d'évasion, tentative d'agression à main armée et subornation de témoins : coupable à l'unanimité.

Le juge Harrison reprit la parole d'une voix forte et magistrale qui résonna dans le tribunal :

— M. Preston Vance, vous avez fait preuve d'une cruauté, d'un narcissisme et d'un mépris total pour la vie humaine et les lois de cette République. Vous avez froidement planifié l'humiliation d'une fillette de huit ans, avant de lui porter un coup qui aurait pu lui être fatal, uniquement pour dissimuler vos vols répétés. Votre conduite est indigne d'un être humain.

Le juge ajusta ses lunettes et prononça la sentence :

— Pour l'ensemble de ces crimes, je vous condamne à une peine cumulée de trente-cinq ans de prison ferme, sans possibilité de libération conditionnelle avant d'avoir purgé au moins vingt-cinq années de détention.

Un coup de marteau retentit. Trente-cinq ans ! Preston laissa échapper un gémissement étouffé avant de s'effondrer la tête sur la table.

Le juge se tourna ensuite vers mon père, Victor Vance :

— Victor Vance, pour complicité de détournement de fonds, tentative de corruption de témoins et entrave à la justice, vous êtes condamné à une peine de dix ans de prison ferme avec mandat de dépôt immédiat.

Des menottes furent immédiatement passées aux poignets de mon père sous les cris de désespoir de ma mère Hélène, qui fut elle-même condamnée à cinq ans de mise à l'épreuve avec obligation de travaux d'intérêt général et confiscation définitive de tous ses biens résiduels.

Alors que les gardes emmenaient Preston et Victor vers les portes de la prison, mon père se tourna une dernière fois vers moi. Ses yeux suppliaient, cherchant une once de pitié dans mon regard.

Je le regardai avec une sérénité absolue, puis je lui tournai lentement le dos.

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Le règne des faux dieux était terminé. La justice avait été rendue dans toute sa rigueur.

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