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Chapter 16 - La confrontation au Carlton Club

Elena s'avança dans le fumoir réservé aux membres les plus éminents de la haute société londonienne avec une allure d'une majesté saisissante. Vêtue d'une robe de soirée noire haute couture dessinée par un grand couturier parisien, rehaussée par la broche royale en diamants et saphirs de la famille Ravenscroft accrochée à son revers, elle dégageait un pouvoir intimidant.

Derrière elle, deux huissiers de justice de la Cour suprême britannique et Arthur portaient d'impressionnants dossiers de cuir noir.

William Sterling, surpris et déstabilisé par cette apparition spectaculaire, laissa presque tomber son verre de porto. Il essaya de retrouver rapidement son sang-froid aristocratique et fit un pas en avant, un sourire condescendant collé aux lèvres.

« Mademoiselle Vance... quelle surprise », dit-il d'un ton mielleux. « Mais je vous rappelle que le fumoir principal du *Carlton Club* est strictement réservé aux membres masculins du conseil d'administration. Vous faites effraction dans un cercle privé. »

Elena s'arrêta au centre du salon, fixant William d'un regard souverain qui fit baisser les yeux à plusieurs banquiers présents dans la pièce.

« En tant que propriétaire légitime de cent pour cent des actions foncières de cet immeuble via la fondation Ravenscroft, Monsieur Sterling », répondit Elena d'une voix claire et parfaite en anglais aristocratique, « je suis chez moi dans chaque mètre carré de ce club. Et c'est moi qui décide qui a le droit d'y rester. »

Un murmure d'étonnement traversa les lords présents. L'assurance et la maîtrise de la langue anglaise de la jeune femme laissaient l'assemblée sans voix.

William contracta la mâchoire, le visage devenant écarlate. « Votre titre ducal est contesté devant la Haute Cour ! Vous n'avez aucun droit d'interférer avec les affaires de la banque Ravenscroft avant que le juge ne se soit prononcé sur la santé mentale de Lord Edward ! »

« Ah oui, la prétendue démence de mon grand-père... », dit Elena avec un léger rire moqueur. Elle fit un signe du geste à Arthur.

Arthur déposa sur la grande table centrale un document médical scellé portant le tampon de l'Ordre des médecins de Grande-Bretagne et une tablette d'enregistrement vidéo.

« Voici l'expertise neurologique complète réalisée sur Lord Edward trois jours avant sa mort par le Collège Royal des Médecins de Londres », annonça Arthur d'une voix forte. « Le Duc jouissait d'une clarté mentale absolue. Et voici l'enregistrement vidéo certifié par notaire dans lequel Lord Edward dénonce nommément les tentatives de chantage et de manipulation financière exercées par votre père, Lord Archibald Sterling ! »

Elena s'approcha de William, s'arrêtant à quelques centimètres de lui. « Votre famille doit à la banque Ravenscroft la somme de deux milliards quatre cents millions de livres sterling, payable à échéance du trente du mois dernier. Vous êtes en défaut de paiement dissimulé depuis quarante-huit heures. »

William balbutia, perdant totalement son arrogance : « Nous... nous avions un accord verbal de renouvellement de crédit avec l'ancien conseil ! »

« L'ancien conseil n'existe plus », trancha Elena. « En tant que Présidente Directrice Générale de Vortex Global et héritière unique du duché de Ravenscroft, je viens de prononcer la déchéance du terme de vos prêts. Si la totalité de la somme n'est pas versée sur les comptes de la banque avant demain midi, la Banque Ravenscroft saisira l'intégralité des actifs du groupe Sterling, incluant votre manoir de Mayfair et vos actions industrielles. »

Les banquiers présents s'écartèrent immédiatement de William Sterling comme s'il était porteur d'une maladie contagieuse. Personne ne voulait être associé à une famille au bord de la faillite imminente.

William, les poings serrés et le visage déformé par la haine et la peur, réalisa qu'il venait d'être terrassé en public, exactement comme les Whitmore quelques mois plus tôt.

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« Vous ne vous en tirerez pas comme ça, petite insolente... », cracha William à voix basse.

« Vous pouvez vous retirer, Monsieur Sterling », répondit Elena en lui tournant le dos pour s'adresser aux membres du conseil d'administration. « Et assurez-vous de libérer votre bureau à la banque avant midi. La poussière n'a pas sa place dans mes établissements. »

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