Chapter 7 - L'ombre du rival

Pendant que la famille Whitmore s'enfonçait dans les abysses de la déchéance, une menace bien plus redoutable commençait à se profiler dans l'ombre des marchés financiers. Julian Mercer, l'homme d'affaires suisse réputé pour ses méthodes impitoyables et son absence totale d'éthique, voyait dans la situation d'Elena une opportunité en or pour mettre la main sur les brevets technologiques de Vortex Global.
Le lendemain matin, Elena se rendit au siège social de Vortex pour sa première journée officielle en tant que Présidente en titre. Le personnel, informé la veille de la véritable identité de leur dirigeante, lui fit une haie d'honneur dans le grand hall d'entrée. Les applaudissements crépitaient, témoignant d'un respect profond pour celle qui avait su maintenir le navire à flot sans jamais étaler sa fortune.
Mais à peine arrivée dans son bureau du soixantième étage, Arthur entra sans frapper, un pli confidentiel à la main.
« Madame la Présidente, nous avons un problème majeur à la bourse de Francfort », annonça-t-il, l'air grave. « Le groupe Mercer Holdings a lancé une offre publique d'achat hostile sur nos filiales de transport et d'énergie. Ils profitent du petit flottant d'actions libéré par la liquidation des titres de Whitmore Global pour racheter massivement nos parts. »
Elena fronça ses sourcils parfaits, conservant une maîtrise totale de ses émotions. « Mercer... Je m'attendais à ce qu'il tente une manœuvre de ce genre. Il pense qu'une femme enceinte trahie par son mari est une proie facile. »
« Il a convoqué une conférence de presse d'ici une heure pour annoncer qu'il détient déjà 12% des droits de vote indirects », précisa Arthur. « Et ce n'est pas tout... Nous avons appris qu'il a dépêché ses émissaires auprès de Diane et Vanessa Whitmore. »
Un éclair de dédain traversa le regard d'Elena. « Que peut-il bien vouloir tirer de ces deux sangsues ? Elles n'ont plus aucun pouvoir ni aucun actif. »
« Diane détient encore, de par d'anciens accords familiaux oubliés, une signature d'usufruit sur un brevet clé de technologie d'extraction de lithium que Whitmore Global avait déposé il y a cinq ans », expliqua Arthur. « Si Mercer rachetait cet usufruit pour une poignée d'euros, il pourrait paralyser notre plus grande usine de batteries pendant des mois par un simple recours en référé. »
Pendant ce temps, dans la suite d'un hôtel de seconde zone où elles s'étaient réfugiées, Diane et Vanessa recevaient la visite inattendue d'un homme tiré à quatre épingles, portant une mallette de cuir noir. C'était l'avocat personnel de Julian Mercer.
« Mesdames », dit l'avocat avec une courtoisie calculée. « Mon client, Monsieur Mercer, est prêt à vous offrir un million d'euros en liquide dès aujourd'hui, ainsi qu'une villa sur la Côte d'Azur, en échange de la signature de ce document de cession de droits. »
Diane, les yeux agrandis par la cupidité redécouverte, saisit immédiatement le stylo des mains de l'avocat. « Un million d'euros ? Et une villa ? Donne ça ici tout de suite ! »
Vanessa s'interposa brusquement, le visage déformé par l'avidité. « Attends Maman ! Si ce Mercer est prêt à nous donner un million, c'est que ce papier en vaut au moins dix ! On doit négocier ! Nous pouvons détruire Elena avec ça ! »
L'avocat de Mercer esquissa un sourire méprisant. « Ne soyez pas gourmandes, Mesdames. Vous n'avez plus rien. Ce papier est votre seule bouée de sauvetage avant la banqueroute personnelle totale. Signez maintenant, ou mon client trouvera un autre moyen et vous laisserez pourrir dans ce motel puant. »
Tremblante de peur à l'idée de retourner à la misère qu'elle avait tant méprisée chez les autres, Diane apposa sa signature au bas du document sans lire les clauses en petits caractères. Elle ignorait que Julian Mercer n'avait aucune intention de leur donner une villa, et que le contrat prévoyait une clause d'exclusivité judiciaire qui allait les plonger encore plus profondément dans l'illégalité.
Au siège de Vortex, Elena venait d'être informée de la signature de Diane. Au lieu de céder à la panique, un sourire serein apparut sur ses lèvres.
« Mercer est tombé exactement dans le piège que je lui ai tendu », déclara Elena en s'adossant à son fauteuil.
Arthur la regarda avec étonnement. « Le piège ? Je ne comprends pas, Madame. »
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« Ce brevet de lithium déposé par Whitmore Global il y a cinq ans était une coquille vide », expliqua Elena en ouvrant un dossier secret dans son ordinateur. « C'était un leurre technologique conçu par mes soins pour tester la loyauté de Richard Whitmore à l'époque. La vraie technologie a été brevetée sous le nom de Vortex neuf mois plus tôt. En rachetant cet usufruit, Mercer vient de s'engager dans une transaction frauduleuse sur un brevet caduc, et Diane vient de commettre une falsification de titre de propriété intellectuelle. »
Elena se leva doucement, posant une main sur son ventre. « Arthur, appelle le parquet financier. Diane Whitmore vient de signer son propre mandat d'arrêt pour escroquerie en bande organisée avec Julian Mercer. »