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Chapter 6 - Les confidences de l'ombre

Dans le grand salon baigné par la lumière douce du matin, Émilie tenait sa tasse de thé entre ses mains encore tremblantes. Le silence de la maison, autrefois pesant et menaçant, lui semblait aujourd'hui presque surréaliste. Assise en face d'elle, Margaret l'observait avec une tendresse infinie, mais aussi avec une fermeté protectrice.

« Raconte-moi, Émilie », murmura Margaret. « Comment en es-tu arrivée à supporter l'insupportable ? Tu étais la femme la plus forte que je connaisse. »

Émilie baissa les yeux vers le liquide fumant, une larme solitaire glissant le long de sa joue. « Cela commence toujours doucement, maman. Au début, ce n'étaient que de petites remarques. Il me disait que mes idées au travail étaient dépassées, que mon diplôme de droit ne servait à rien si je ne savais pas tenir une maison. Puis, quand suis tombée enceinte, la fatigue s'est installée. Il a commencé à m'isoler, à me répéter que tu étais trop occupée par le groupe pour t'intéresser à nous. »

Margaret serra les dents. « Il a distillé son venin goutte à goutte. »

« Oui », continua Émilie, sa voix se raffermissant peu à peu. « Et quand Gloria est arrivée sous prétexte d'aider pour la naissance de Lily, les choses ont empiré. Elles formaient un duo terrifiant. Si le dîner avait cinq minutes de retard, Gloria soupirait en disant que je manquais de respect à son fils. Si Lily pleurait la nuit, Evan me jetait hors de la chambre en disant que je n'avais aucun instinct maternel. »

« Et la marque sur ton poignet ? » demanda Margaret, le cœur serré par la douleur.

« C'était hier soir, juste avant que tu n'arrives », répondit Émilie en frissonnant. « J'étais épuisée, je tenais Lily qui souffrait d'une poussée dentaire. J'ai fait tomber une assiette en cristal. Evan est entré dans une rage folle. Il m'a attrapée par le bras, m'a tordu le poignet contre le comptoir et m'a hurlé que si je ne ramassais pas jusqu'au dernier morceau avant l'arrivée de sa mère, il me retirerait la garde de Lily sous prétexte d'instabilité mentale. C'est là que j'ai compris que j'étais prise au piège. »

Margaret se leva, s'approcha d'Émilie et l'enlaça profondément. « Tu n'es plus au piège, ma fille. Ce sont eux qui le sont désormais. Julien Delacroix a découvert qu'Evan collaborait avec Maxime Lambert pour détruire le groupe. »

Émilie sursauta, les yeux grand ouverts de stupeur. « Maxime Lambert ? Le propriétaire de la chaîne de restauration concourrente ? Mais c'est impossible ! Evan disait toujours qu'il le détestait ! »

« C'était un écran de fumée », expliqua Margaret d'une voix glaciale. « Evan utilisait ton statut d'héritière pour accéder aux secrets industriels de notre groupe. Mais ce qu'il ne sait pas, c'est que nous avons déjà pris les devants. Demain matin, l'assemblée générale extraordinaire du conseil d'administration est convoquée. Nous allons couper toutes les têtes pensantes de cette conspiration. »

Au même moment, dans un appartement somptueux surplombant la ville, Evan Vance faisait face à Maxime Lambert. L'homme d'affaires, la cinquantaine élégante mais au regard d'une cruauté froide, écoutait les explications paniquées d'Evan en faisant tourner un verre de whisky entre ses doigts.

« Tu es un imbécile, Vance », dit Lambert d'un ton sans réplique. « Tu t'es fait surprendre comme un débutant par la vieille Margaret. Tu devais me livrer les contrats de franchise régionaux la semaine prochaine ! »

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« Je peux encore les obtenir ! » supplia Evan, la sueur coulant sur son front. « J'ai un accès distant secours sur l'ordinateur portable d'Émilie ! Il me suffit d'un mot de passe qu'elle utilise toujours ! »

Lambert esquissa un sourire méprisant. « Très bien. Je te donne quarante-huit heures. Si tu me ramènes ces fichiers, je te paierai de quoi fuir à l'étranger et échapper à la justice. Mais si tu échoues... tu découvriras que la prison sera le moindre de tes problèmes. »

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