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Chapter 20 - Le Gala des Vérités

La salle de bal de l'Hôtel Beau-Rivage de Genève resplendissait de mille feux. Les lustres en cristal de Baccarat se reflétaient dans les miroirs dorés à la feuille, tandis que cinq cents invités parmi l'élite financière, politique et scientifique mondiale sirotaient du champagne millésimé.

Le Comte Alexandre de Valmont, au sommet de sa puissance, se tenait sur une estrade surélevée devant un écran géant affichant le logo de Valmont Biotech. Il s'apprêtait à signer symboliquement l'acte d'introduction sur le marché boursier suisse, entouré par les représentants des plus grandes banques d'investissement de Zurich et de New York.

« Mesdames et Messieurs », déclara le comte d'une voix chaude qui résonna dans les haut-parleurs. « Ce soir marque l'aboutissement de trente années de recherches scientifiques consacrées à l'avenir de la médecine régénérative. Valmont Biotech s'apprête à ouvrir une nouvelle ère pour l'humanité ! »

Des applaudissements enthousiastes saluèrent son discours. Le comte prit une plume d'or pour apposer sa signature sur le document officiel.

« Arrêtez cette mascarade ! » retentit une voix claire et puissante depuis le fond de la salle de bal.

La foule se retourna bruyamment. Les invités s'écartèrent pour me laisser passer.

Je m'avançai le long de l'allée centrale. Je portais une robe du soir blanche d'une simplicité royale, laissant mes cicatrices visibles à tous les regards. À mes côtés se tenaient Gabriel, Maître Bertrand et deux procureurs fédéraux suisses accompagnés par des agents de la police judiciaire genevoise.

Le visage d'Alexandre de Valmont se figea instantanément, la plume d'or restant suspendue à quelques millimètres du papier.

« Sécurité ! » hurla l'un des organisateurs du gala. « Expulsez cette intruse ! »

« Je vous déconseille de faire un seul geste », intervint le Procureur Fédéral suisse en élevant son badge officiel. « La police fédérale intervient dans le cadre d'une enquête judiciaire urgente pour crimes contre l'humanité, essais cliniques illégaux et homicide volontaire avec préméditation. »

Un mouvement d'incrédulité et d'agitation extrême secoua l'assemblée des investisseurs. Les caméras des télévisions économiques braquées sur la scène enregistraient l'événement en direct mondial.

Je montai les marches de l'estrade et me tins à un mètre du Comte de Valmont, le fixant avec un mépris absolu.

« Vous pensiez pouvoir acheter la mémoire de ma mère Hélène avec votre fortune et vos titres de noblesse, Monsieur le Comte ? » déclarai-je devant les micros des journalistes présents. « Vous avez fait truquer les freins de sa voiture à Chamonix parce qu'elle refusait de se soumettre à votre folie ! Vous avez subventionné le silence de son assassin pendant vingt ans ! Et vous avez mutilé des dizaines de patients innocents dans vos laboratoires clandestins de Courmayeur ! »

« C'est un tissu de mensonges diffamatoires ! » cria Valmont, les tempes battantes et le visage rouge de colère. « Cette fille est folle ! Elle est la fille de Victoria Vance, une criminelle condamnée ! Elle cherche à détruire ma réputation ! »

D'un geste calme, Gabriel appuya sur une télécommande connectée au système audiovisuel de la salle.

L'écran géant derrière l'estrade cessa immédiatement d'afficher le logo de l'entreprise pour diffuser les documents confidentiels recueillis par Vaneck : les preuves des versements bancaires faits à Giuseppe Rossi en Sardaigne, les photos des victimes des essais clandestins de Courmayeur, et l'enregistrement audio des aveux du mécanicien recueilli la veille par les policiers italiens.

La voix du mécanicien retentit dans toute la salle de bal :

*"... C'est l'homme de confiance du Comte de Valmont qui m'a remis cinquante mille francs suisses en liquide pour desserrer les durites de frein de la voiture d'Hélène Vance le 14 novembre... Il m'a dit que le comte voulait lui donner une leçon qu'elle n'oublierait jamais..."*

Un clameur d'horreur et d'indignation secoua l'assistance. Les investisseurs américains jetèrent leurs dossiers et s'éloignèrent précipitamment de l'estrade. Les représentants de la Bourse de Zurich déclarèrent séance tenante l'annulation définitive de l'introduction boursière.

Alexandre de Valmont sembla vieillir de dix ans en l'espace de quelques secondes. Sa superbe aristocratique s'effondra complètement, le laissant chancelant au milieu des ruines de son empire de mensonges.

Les agents de la police fédérale suisse s'avancèrent et lui passèrent les menottes aux poignets devant les caméras du monde entier.

« Alexandre de Valmont, au nom de la Confédération Suisse, vous êtes placé sous mandat d'arrêt international », déclara le procureur.

Avant d'être emmené par les forces de l'ordre sous les hées d'une foule indignée, le comte se retourna vers moi, les yeux remplis d'un mélange de haine et de fascination morbide.

« Tu es vraiment la fille d'Hélène... » chuchota-t-il, la voix brisée. « Elle aussi m'a vaincu... »

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« Ma mère ne vous a pas seulement vaincu, Valmont », répondis-je doucement. « Elle a triomphé à travers la vérité que je porte en moi. »

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