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Chapter 17 - Les germes d'un nouveau départ

Les semaines qui suivirent nos fiançailles furent empreintes d'une sérénité nouvelle. Gabriel et moi avions décidé d'organiser un mariage simple, intime, loin des artifices et du luxe ostentatoire qui avaient marqué le fiasco de mes premières noces.

Nous avions choisi une petite chapelle en pierre nichée dans un village perché de l'arrière-pays niçois, entourée d'oliviers centenaires. Seuls nos proches, nos amis fidèles et le personnel de la fondation étaient invités.

Cependant, avant de sceller notre union, je tenais à accomplir une dernière tâche. Je voulais m'assurer que la transformation de l'ancien empire des Blackwood profitait pleinement à ceux qui en avaient le plus besoin.

Un matin de mardi, accompagnée de Gabriel et de mon père, je me rendis dans la banlieue industrielle de Marseille. C'est là que se trouvait le plus grand atelier de mécanique solidaire financé par notre nouvelle fondation. L'endroit était vaste, lumineux, équipé de technologies modernes, et accueillait une trentaine de jeunes apprentis en réinsertion professionnelle.

À notre arrivée, le directeur de l'atelier, un ancien compagnon du devoir qui avait travaillé avec mon père trente ans plus tôt, vint nous accueillir chaleureusement.

— René ! s'exclama mon père en l'enlaçant avec ferveur.

— Joseph ! Quel bonheur de te voir ! Et voici donc la célèbre Elena, la femme dont tout le pays parle !

Je lui serrai la main avec un sourire sincère.

— C'est un honneur, M. René. Comment se déroule le lancement du programme ?

— Au-delà de nos espérances, Mademoiselle Vale, répondit René avec émotion en nous faisant visiter les hangars. Grâce aux fonds transférés des comptes de la famille Blackwood, nous avons pu acheter du matériel de pointe et embaucher six formateurs d'élite. Ces jeunes qui n'avaient aucun avenir apprennent aujourd'hui un vrai métier manuel avec dignité.

Un jeune apprenti de dix-neuf ans, les mains tachées d'huile mais le sourire aux lèvres, s'approcha de mon père.

— M. Vale ! Venez voir ! J'ai réussi à régler l'injection de ce moteur hybride comme vous me l'aviez montré la semaine dernière !

Mon père enfila immédiatement sa veste de travail et se pencha sur le moteur avec passion.

— Voyons ça, mon garçon ! Ah, parfait ! Tu as le coup de main d'un vrai maître !

En observant mon père transmettre son savoir avec tant de générosité, je sentis mes yeux se remplir de larmes d'émotion.

Gabriel s'approcha de moi et passa doucement son bras autour de ma taille.

— Regardez ce que vous avez accompli, Elena. Vivian Blackwood pensait salir vos parents en les jetant dans cette piscine. En réalité, elle n'a fait que révéler au monde la grandeur de leur âme et la vacuité de la sienne.

— La vraie richesse ne réside pas dans ce qu'on possède, chuchotai-je en me blottissant contre Gabriel, mais dans ce qu'on transmet aux autres.

Au même moment, mon téléphone portable sonna. C'était un appel de Marcus Sterling depuis Paris.

— Mademoiselle Vale, dit Marcus d'une voix très satisfaite. Je viens de signer les derniers papiers officiels. Le ministère de la Justice vient d'approuver la création définitive du fonds de dotation Vale-Vance. La totalité des avoirs confisqués à Julien de la Tour et aux Blackwood est désormais définitivement sécurisée pour les cent prochaines années.

— C'est une excellente nouvelle, Marcus, répondis-je. Vous avez accompli un travail remarquable.

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— Merci, Elena. Et permettez-moi de vous souhaiter tous mes vœux de bonheur pour la cérémonie de samedi. Vous l'avez mérité plus que quiconque.

En raccrochant, je regardai le ciel dégagé par-dessus les toits de l'atelier. Toutes les pièces du puzzle s'étaient enfin assemblées. L'injustice avait été réparée, la honte avait changé de camp, et le chemin vers notre bonheur était désormais grand ouvert.

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