Chapter 24 - Le bal des bâtisseurs

Pour célébrer le dixième anniversaire de la création de la fondation Vale-Vance, un grand bal caritatif fut organisé au Grand Palais à Paris. Contrairement aux fêtes de la haute société d'autrefois, ce bal rassemblait aussi bien des chefs d'État, des grands capitaines d'industrie, que des apprentis formés par la fondation, des maîtres artisans et des ouvriers.
Les voûtes en verre du bâtiment étincelaient sous des milliers de projections lumineuses représentant des œuvres d'art et des mécanismes d'horlogerie.
Je faisais mon entrée dans une magnifique robe de soirée bleu nuit sertie de discrètes paillettes d'argent, au bras de Gabriel qui portait un smoking parfait. À nos côtés, mes parents, resplendissants de santé et d'élégance naturelle, saluaient les invités avec une cordialité chaleureuse qui séduisait tout le monde.
Les journalistes du monde entier n'étaient plus là pour traquer un scandale, mais pour immortaliser le couple le plus influent et le plus admiré du monde des affaires.
Soudain, un jeune homme élégant en costume sombre s'avança vers nous, accompagné d'une jeune femme souriante. C'était Adrian Blackwood. Il portait à sa veste la médaille du mérite industriel que le président de la République venait de lui remettre en début de soirée pour ses travaux sur les moteurs écologiques.
— Elena, M. Vance, M. et Mme Vale, dit Adrian avec une déférence empreinte d'une profonde affection.
— Bonsoir Adrian, répondis-je chaleureusement. Félicitations pour cette décoration ! Elle est amplement méritée.
Adrian regarda mon père, les yeux mouillés d'émotion.
— Si je suis l'homme que je suis aujourd'hui, c'est grâce à votre père qui a accepté de me tendre la main quand j'étais plus bas que terre. Je lui dois tout.
Mon père lui serra la main fermement.
— Tu as travaillé dur, Adrian. Tu as prouvé qu'un homme peut se relever de n'importe quelle chute s'il a le courage de regarder la vérité en face.
La jeune femme aux côtés d'Adrian, qui était une brillante ingénieure en aéronautique formée dans notre fondation, nous sourit :
— Adrian nous parle sans cesse de votre famille avec un respect immense. Merci de nous donner l'opportunité de construire un monde meilleur.
Au cours de la soirée, je me retrouvai quelques instants seule près du grand balcon donnant sur la Seine et la tour Eiffel éclairée. La brise nocturne de Paris rafraîchissait mon visage.
Gabriel me rejoignit, tenant deux coupes de champagne.
— À quoi penses-tu, mon amour ?
Je pris une coupe et contemplai les lumières de la ville.
— Je pensais à cette petite fille qui travaillait tard le soir dans le petit atelier de son père, rêvant de créer des choses magnifiques. Je pensais à la jeune femme qui s'était laissé abuser par de fausses promesses d'amour aristocratique... Et je me dis que chaque étape, même la plus douloureuse, était nécessaire pour m'amener jusqu'à toi.
Gabriel posa sa coupe sur le rebord et m'attira contre lui pour me serrer dans ses bras.
— Tu es le chef-d'œuvre de ta propre vie, Elena. Tu as terrassé les géants sans jamais perdre ton âme.
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— Nous l'avons fait ensemble, Gabriel, chuchotai-je.
Il posa ses lèvres sur les miennes dans un baiser empreint de dix ans de passion, de confiance et de complicité absolue. La musique de l'orchestre résonnait dans la grande nef du Grand Palais, célébrant la victoire de l'honneur sur la tromperie, et l'éternité d'un amour véritable.