Chapter 7 - L'aveu de Vivian

À quatorze heures précises, la grande salle de presse du Plaza Athénée à Paris était bondée. Plus de deux cents journalistes de la presse économique, financière et people étaient entassés, les caméras braquées sur le pupitre arborant le logo argenté de Vale Global.
Je fis mon entrée sous un crépitement ininterrompu de flashs. À mes côtés se tenaient mes parents, vêtus cette fois de tenues élégantes et de haute couture, conçues par les plus grands créateurs parisiens. Mon père portait un costume sombre d'une coupe parfaite, et ma mère irradiait dans une robe drapée vert émeraude qui sublimait sa douceur naturelle.
Je m'avançai vers les micros.
— Mesdames et messieurs, commença-je. Hier après-midi, un événement tragique s'est déroulé lors de ce qui devait être mon mariage. Une famille de l'élite financière a cru pouvoir humilier publiquement mes parents en raison de leurs origines modeste, jetant mon père et ma mère dans une piscine devant trois cents invités tout en se moquant de leur soit-disant pauvreté.
Un murmure d'indignation parcourut la salle. Les écrans géants situés derrière moi projetèrent alors la vidéo haute définition de la scène, capturée par l'un des invités et récupérée par mes services de sécurité. On y voyait clairement Vivian Blackwood pousser mes parents, le rire cruel d'Adrian, et le silence complice de la haute société présent ce jour-là.
Les journalistes s'agitèrent furieusement, prenant des notes et photographiant les images choc.
— Ce que cette famille ignorait, poursuivis-je d'une voix ferme, c'est que la dignité ne s'achète pas avec des titres ou des diamants. Aujourd'hui, je vous annonce que la société Blackwood Holdings a été officiellement déclarée en faillite frauduleuse. Tous leurs actifs ont été rachetés par le Groupe Vale.
Soudain, les portes du fond de la salle de presse s'ouvrirent. Une rumeur s'éleva dans la foule.
Vivian Blackwood, escortée par deux policiers, s'avança péniblement dans l'allée centrale. Ses vêtements d'hier étaient froissés, ses cheveux défaits, ses diamants confisqués. Derrière elle, Adrian marchait la tête basse, les yeux rouges de larmes.
C'était la condition sine qua non que j'avais imposée au procureur pour ne pas porter plainte immédiatement pour tentative de blessures volontaires et escroquerie aggravée : une humiliation publique en direct devant la presse internationale.
Vivian s'approcha du pupitre, tremblante. Elle ne ressemblait plus du tout à la femme arrogante de la veille.
— Prenez le micro, madame Blackwood, dit Marcus Sterling en lui tendant l'appareil.
Vivian regarda mes parents, puis les caméras du monde entier. Ses lèvres tremblaient de honte.
— Je... je déclare publiquement... que mes actes d'hier étaient odieux et inexcusables. J'ai insulté M. et Mme Vale... des personnes d'une valeur morale infiniment supérieure à la mienne. Ma famille est ruinée par notre propre cupidité et notre arrogance. Je leur demande... pardon.
Elle s'effondra en sanglots, obligée de s'agenouiller sur le tapis rouge de la scène sous les flashs impitoyables des photographes.
Adrian s'avança à son tour, tentant de croiser mon regard.
— Elena... je t'en supplie. J'ai été un lâche. Je le sais. Mais je t'aime encore. Laisse-moi une chance de me racheter... Je travaillerai pour toi, je ferai n'importe quoi !
Je le regardai avec une froideur absolue.
— Tu as eu dix-huit mois pour prouver ton amour, Adrian. Tu as choisi la lâcheté au moment où ton honneur exigeait du courage. Tu n'es plus rien pour moi.
Je me tournai vers les caméras pour conclure :
— La fortune des Blackwood sera intégralement versée à une fondation destinée à financer les petites entreprises familiales et les ateliers d'artisans à travers tout le pays. La séance est levée.
Tandis que les policiers emmenaient Vivian et Adrian pour leur interrogatoire judiciaire, mon père me prit la main et la serra doucement.
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— Tu as rendu la justice, Elena. Mais maintenant, il faut panser les blessures.
Il ne savait pas encore que l'histoire était loin d'être terminée, et qu'un nouvel acteur s'apprêtait à faire son apparition.