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Chapter 18 - La veille du grand jour

Vendredi soir, la veille de notre mariage, une douce effervescence régnait dans la résidence familiale de la côte.

Les cuisiniers s'affairaient en cuisine à préparer des mets simples mais savoureux pour le banquet du lendemain : poissons frais de la pêche locale, légumes gorgés de soleil du jardin, fruits de saison et vins bio de Provence. Aucune extravagance ridicule, seulement l'authenticité et le goût du partage.

Ma mère s'activait dans la grande chambre du premier étage, apportant les dernières retouches à ma robe de mariée. Cette fois, point de dentelle lourde et étouffante imposée par les grandes maisons de couture parisiennes pour plaire à Vivian Blackwood. J'avais choisi une robe fluide en soie sauvage fluide, d'une élégance épurée, confectionnée sur mesure par ma mère elle-même avec l'aide d'une jeune styliste diplômée de notre fondation.

— Regarde-toi, ma chérie, chuchota ma mère en ajustant doucement l'ourlet de la jupe. Tu es splendide.

Je me contemplai dans le grand miroir en pied. Le reflet qui me faisait face n'était plus celui d'une jeune femme doutant d'elle-même et cherchant à s'adapter aux exigences d'une belle-famille méprisante. J'étais une femme forte, accomplie, entourée par l'amour inconditionnel des siens.

— C'est grâce à toi, maman, dis-je en me retournant pour prendre ses mains. Tu as mis toute ton âme dans cette robe.

Des larmes de fierté brillèrent dans les yeux de ma mère.

— Quand je pense à cette horrible journée d'il y a six mois... J'ai eu tellement peur que cet événement ne brise ta vie à jamais.

— Ce jour-là m'a libérée, maman. S'ils ne vous avaient pas poussés dans cette piscine, j'aurais peut-être commis l'erreur d'épouser Adrian et de passer ma vie à me cacher. Leur cruauté a été le déclencheur de notre vraie liberté.

Un coup léger frappa à la porte. Mon père entra, portant un petit plateau en argent sur lequel se trouvait une boîte en cuir vieilli.

— Je dérange ? demanda-t-il timidement.

— Jamais, papa. Viens entre !

Il s'approcha de moi, l'air particulièrement ému.

— Elena... Avant que tu ne deviennes la femme de Gabriel demain, je voulais te donner ceci. C'était à ton grand-père Arthur. Il m'avait demandé de te le remettre le jour où tu épouserais un homme digne de toi.

Il ouvrit la boîte. À l'intérieur reposait un pendentif ancien en platine serti d'un saphir bleu profond, d'une pureté exceptionnelle.

— Ton grand-père disait que cette pierre avait été taillée au XIXe siècle par le fondateur de notre famille, expliqua mon père. Elle symbolise la vérité et la clarté d'esprit.

Je pris le pendentif avec une émotion sacrée et le posai contre mon cœur.

— Il est magnifique, papa. Je le porterai demain à mon cou.

Pendant ce temps, au rez-de-chaussée, Gabriel discutait calmement avec Marcus Sterling et Lucas autour d'un verre de cognac.

— Tout est sécurisé pour demain, M. Vance, assurait Lucas. La police locale et notre équipe privée ont filtré tous les accès au village. Aucun journaliste indésirable ni paparazzi ne pourra perturber la cérémonie.

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— Parfait, répondis Gabriel avec un sourire serein. Demain ne appartient pas aux caméras ni aux journaux. Demain appartient à Elena et à sa famille.

Il regarda par la fenêtre en direction du jardin éclairé par des lanternes suspendues. Pour la première fois depuis des années, l'esprit de Gabriel était totalement libéré du poids du passé. La vengeance avait cédé la place à la construction d'un foyer pur et indestructible.

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