Chapter 5 - La Mascarade de Belle-Mère

Deux heures plus tard, dans le salon VIP du commissariat central de Cedar Ridge, Victoria Vance arpentait la pièce comme une panthère en cage. Vêtue d'un manteau de fourrure ostentatoire et arborant des bijoux étincelants — payés sans qu'elle le sache avec mon héritage —, elle aboyait des ordres à son avocat tremblant.
Lorsque la porte s'ouvrit et que je fis mon entrée, escortée par Naomi Chen et Elias Grant, le visage de Victoria se déforma sous l'effet d'une rage folle.
« Espèce de petite ingrate ! » hurla-t-elle en pointant un doigt plein de bagues vers moi. « Comment oses-tu faire enfermer mon fils unique comme un criminel de grand chemin ? Il s'est occupé de toi alors que tu es devenue hystérique et incapable de tenir une maison ! »
Je m'assis lentement sur le fauteuil en cuir en face d'elle, gardant un visage parfaitement impassible.
« Bonjour Victoria », dis-je d'une voix douce mais glaciale. « Je vois que vous portez ce magnifique collier de diamants de chez Cartier. C'est un choix ravissant pour une visite au poste de police. »
« Qu'est-ce que mes bijoux ont à voir là-dedans ?! » éructa-t-elle.
Naomi Chen posa un document officiel sur la table basse entre nous.
« Ce collier, Mme Vance », intervint Naomi d'une voix tranchante, « a été acheté le 14 août dernier dans la boutique Cartier de Genève avec la carte de crédit d'entreprise de la Sterling Holding. Une carte réservée exclusivement aux œuvres caritatives de la fondation Clara Sterling. La signature apposée sur la facture est une imitation grossière de celle de ma cliente. »
Le teint de Victoria passa instantanément du rouge colère à un blanc cireux. Ses lèvres tremblèrent.
« C'est... c'est Derek qui me l'a offert pour mon anniversaire ! Je ne savais pas ! » balbutia-t-elle en portant la main à son cou.
« L'ignorance de la loi n'excuse pas le recel d'abus de biens sociaux, Mme Vance », continua Naomi. « Sans compter les virements mensuels de douze mille euros effectués sur votre compte personnel pour rembourser vos dettes au casino de Monaco. »
Victoria s'effondra sur son siège, soudainement privée de toute son assurance de grande dame de la haute société.
« Que... que voulez-vous ? » murmura-t-elle, les yeux emplis d'une peur panique.
Je me penchai légèrement vers elle, posant mes mains sur mon ventre arrondi.
« Je veux tout ce que vous m'avez volé, Victoria. Vos bijoux, la villa de campagne que vous occupez sans titre légal, et la réputation dont vous vous gargarisez. À partir d'aujourd'hui, vous allez signer un acte de restitution volontaire de tous les biens matériels et financiers. Sinon, vous rejoindrez votre fils dans une cellule dès ce soir pour complicité d'escroquerie en bande organisée. »
« Tu es un monstre... », chuchota la vieille femme dans un souffle terrifié.
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« Non », répondis-je avec un calme absolu. « Je suis simplement la mère de l'enfant que votre fils a failli tuer hier soir sur l'autoroute. Et vous allez apprendre ce qu'il en coûte de sous-estimer une Sterling. »
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