Chapter 14 - Le Procès du Siècle

Trois mois plus tard. Le Palais de Justice de la capitale accueillait le procès le plus retentissant de la décennie. Des centaines de journalistes venus du monde entier se pressaient sur les marches du bâtiment, tandis que les chaînes d'information en continu retransmettaient l'événement en direct.
Dans le box des accusés, tirés à quatre épingles mais le visage ravagé par la honte, se tenaient Victor Harrington, Julien Harrington, Céleste Harrington et le Baron Éric von Kessel.
Assise au premier rang de la tribune de la défense, en uniforme complet d'officier de marine arborant ses nouvelles décorations, je me tenais aux côtés de Marc Vance et de l'Amiral Reed. Ma mère, vêtue de noir et très effacée, était installée quelques rangs derrière nous, n'osant croiser mon regard.
Le juge d'instruction entra dans la salle sous un silence religieux.
"La cour prend acte des preuves irréfutables apportées par le Ministère de la Défense et le Capitaine Évelyne Harrington," déclara le président du tribunal d'une voix grave. "Les documents saisis démontrent l'existence d'un système généralisé de fraude sur la fourniture de matériel militaire défectueux, ayant directement entraîné la mise en danger de centaines de marins et la tentative de meurtre organisée contre des officiers de la République."
Céleste fondit en larmes, tandis que Julien baissait la tête, incapable de supporter la pression des caméras. Mon père, quant à lui, fixait le sol, complètement brisé par la perte irrémédiable de sa réputation et de son empire.
Le verdict tomba avec une sévérité exemplaire :
- Le Baron Éric von Kessel : Trente ans de réclusion criminelle incompressible et confiscation totale de ses biens.
- Victor Harrington : Vingt ans de prison ferme et faillite personnelle définitive.
- Céleste Harrington : Dix ans de prison ferme pour complicité d'attentat et blanchiment d'argent.
- Julien Harrington : Cinq ans de prison, dont deux avec sursis, pour recel et complicité de fraude.
Au moment où les gardes emmenaient les condamnés, mon père s'arrêta un court instant à ma hauteur. Ses yeux baignés de larmes trahissaient un regret amer et tardif.
"Évelyne..." murmura-t-il d'une voix brisée. "Je... je suis désolé..."
Je le regardai intensément, ressentant une immense vague de soulagement libérateur.
"Il est trop tard pour les regrets, Victor. Mais tu as enfin payé ta dette envers la Nation et envers ta fille."
Il resta muet et fut emmené vers les geôles sous-sol.
Alors que la foule des journalistes se ruait vers la sortie pour diffuser l'annonce du verdict, Marc attrapa doucement ma main.
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"C'est terminé, Évelyne. Le cauchemar est enfin fini."
"Non, Marc," répondis-je en souriant pour la première fois depuis des années. "C'est maintenant que ma vraie vie commence."