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Chapter 22 - La Naissance de Victoria

Quatre mois plus tard. Le printemps illuminait la côte de mille couleurs éclatantes. Les jardins fleuris exhaleaient des parfums doux qui apportaient une sensation d'apaisement total sur la ville navale.

Dans la grande maternité de l'hôpital militaire, la lumière du soleil matinal traversait les grandes baies vitrées, éclairant une scène d'une beauté pure.

J'étais allongée sur le lit de repos, tenant dans mes bras un petit bébé enveloppé dans une couverture de laine blanche. La petite Victoria dormait paisiblement contre ma poitrine, dotée d'une magnifique chevelure brune et de traits d'une finesse angélique.

Assis au bord du lit, Marc ne pouvait détacher ses yeux de sa fille. Ses yeux d'officier aguerri brillent de larmes de joie indissimulées.

"Elle est tellement magnifique, Évelyne..." chuchota-t-il en caressant doucement la joue minuscule du nouveau-né de son index.

"Elle a tes yeux, Marc," répondis-je dans un souffle empli de bonheur.

On frappa à la porte. L'Amiral Reed entra, tenant à la main un immense ours en peluche vêtu d'un petit uniforme de marin, accompagné de ma mère et de mon frère Julien, ce dernier portant un superbe bouquet de pivoines fraîches.

"Puis-je entrer pour saluer la nouvelle recrue de la Marine ?" demanda l'Amiral avec un large sourire.

"Entrez, Amiral," dis-je chaleureusement.

Ma mère s'approcha lentement du lit, contemplant sa petite-fille avec une dévotion maternelle retrouvée. "Elle est splendide, Évelyne... Tu as réussi à créer une famille magnifique sur les ruines de notre passé."

Julien posa les fleurs sur la table et me serra la main avec une affection fraternelle renouvelée. "Félicitations, grande sœur. Tu es la femme la plus extraordinaire que je connaisse."

L'Amiral Reed déposa l'ours en peluche au pied du lit et se tint droit devant nous.

"Capitaine Harrington... ou plutôt, devrais-je dire Commandeure Harrington," dit l'Amiral en tirant une enveloppe officielle de sa veste. "Le Conseil d'État vient de valider votre promotion exceptionnelle au grade de Commandeure de la Flotte Navale pour services rendus à la Nation."

Marc poussa un joyeux murmure d'admiration. "Commandeure Harrington... Cela sonne divinement bien."

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Je regardai mes proches réunis autour de moi, mon mari aimant, ma fille nouveau-née, ma mère réconciliée, mon frère reconstruit et mon supérieur devenu un ami précieux.

Toutes les larmes versées, toutes les trahisons subies et toutes les flammes traversées avaient finalement conduit à cet instant parfait de grâce et de plénitude.

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