Chapter 10 - La révélation des cœurs

Le hall majestueux du Val-Serein était plongé dans une atmosphère irréelle. La cinquantaine de mercenaires de 'L'Ombre Noire', autrefois considérés comme les soldats les plus impitoyables du monde souterrain, étaient désormais tous à genoux, incapables de faire le moindre mouvement. Ce n'était pas une force physique qui les maintenait au sol, mais le poids insupportable de leurs propres fautes.
Sola s'avança lentement au milieu des mercenaires. À chaque pas qu'il faisait, des images commençaient à se projeter dans l'esprit de ces hommes bruts : les visages de leurs victimes, les larmes des orphelins qu'ils avaient créés, la souffrance qu'ils avaient semée pour quelques poignées de billets verts.
Des colosses cicatrisés se mirent à pleurer à chaudes larmes, tenant leurs têtes à deux mains, hurlant de remords face à la vision de leurs crimes passés.
— Assez ! Grâce ! pitié ! hurlait Vance, le visage plaqué contre le marbre, prostré dans une agonie spirituelle totale. Retire ces images de ma tête ! Je t'en supplie !
Sola s'arrêta devant lui.
— Ce ne sont pas mes images, Vance. Ce sont tes propres souvenirs. Tu as étouffé ta conscience sous l'or et le sang pendant des décennies. Je ne fais que rallumer la lumière dans la pièce sombre de ton âme.
Isabelle, abasourdie, observait la scène. Elle comprit à cet instant que le pouvoir de Sola dépassait de loin la simple guérison physique. Il était un juge céleste, une entité venue éprouver la vérité profonde de chaque être humain.
Sola se tourna vers les mercenaires repentis.
— Partez. Quittez cette montagne. Rendant à la société ce que vous lui avez volé. Si vous choisissez à nouveau la voie de la violence, votre propre conscience sera votre bourreau.
Sans demander leur reste, les hommes de 'L'Ombre Noire', brisés et métamorphosés par cette expérience terrifiante, se relevèrent péniblement et s'enfuirent dans la nuit, abandonnant leurs véhicules et leurs équipements. Vance lui-même rampa vers la sortie, effrayé à l'idée de croiser à nouveau le regard de l'enfant.
Lorsque le silence revint enfin dans le domaine dévasté, Marc s'approcha de Sola, s'inclinant profondément.
— Merci, mon seigneur...
— Ne m'appelle pas ainsi, Marc, répondit gentiment Sola en essuyant le sang sur le front du garde. Je suis simplement le gardien de la flamme.
Isabelle s'avança vers l'enfant. Elle tenait son téléphone satellite qui venait de rétablir sa connexion.
— Sola... Moreau vient d'apprendre la fuite de ses mercenaires. Il est devenu complètement fou. Il a utilisé ses derniers leviers financiers pour mettre en vente l'intégralité des actions du groupe et bloquer les approvisionnements en vivre de ton village natal, Avelia. Il veut affamer les habitants pour te forcer à te livrer à lui dans la capitale.
Elena laissa échapper un cri d'horreur.
— Les villagistes ! Ils vont mourir de froid et de faim ! C'est l'hiver !
Sola ferma les yeux un instant. Lorsqu'il les rouvrit, une lueur de détermination absolue y brillait.
— L'heure n'est plus à la retraite dans les montagnes, dit le garçon. Le serpent s'est démasqué. C'est à la métropole que se jouera le dernier acte.
Isabelle hocha la tête, le visage durci par la résolution.
— Je prépare mon jet privé. Demain matin, nous serons à la capitale. Je vais convoquer une assemblée générale extraordinaire de tous les actionnaires et des médias du monde entier. Moreau pense posséder la ville, mais il va découvrir ce qu'il advient lorsqu'on s'attaque à une mère de famille et à un dieu.
Sola posa sa main sur celle d'Isabelle.
— Attention, Isabelle. La vengeance est un poison qui détruit la main qui le verse. Nous n'allons pas détruire Victor Moreau. Nous allons lui offrir ce qu'il demande... et cela sera sa plus grande punition.
Pendant ce temps, dans son penthouse somptueux dominant la métropole, Victor Moreau contemplait la ville illuminée, un verre de cognac à la main. Il venait de recevoir un message d'Isabelle Vernier.
"Demain, à 10 heures, au siège du groupe. Je te livre l'enfant en échange de la survie de mon entreprise et du village."
Moreau éclata d'un rire démoniaque qui résonna dans le vide de son appartement.
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— Tu as craqué, Femme de Fer ! Tu as fini par plier ! Demain, le monde sera à moi !
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