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L Enfant des Cieux / Chapter 13 / 30

Chapter 13 - L'épreuve du feu

La folie venait de frapper au cœur de la salle du conseil. Julien, dévoré par la rancœur et le désespoir d'avoir tout perdu dans la chute de Moreau, tenait le détonateur d'une main tremblante. La sirène d'évacuation d'urgence hurlait à travers les haut-parleurs du gratte-ciel, déclenchant une panique indescriptible dans les soixante-dix étages de la tour. Les employés s'entassaient dans les escaliers de secours, hurlant de terreur.

Dans la salle du conseil, les actionnaires et les avocats se ruaient vers la sortie principale, se bousculant violemment pour échapper à la menace.

— Julien, pose cet appareil ! cria Isabelle en s'avançant avec précaution vers son ancien assistant. Tu commets une erreur irréparable !

— Taisez-vous, Vernier ! hurla Julien, le visage déformé par une grimace hystérique. Vous m'avez utilisé pendant des années comme un chien ! Moreau m'avait promis des millions ! Et maintenant, je n'ai plus rien ! Tout est fini ! Si je coule, je vous emmène tous avec moi !

Elena s'agrippa à Sola, effrayée par le regard d'assassin du jeune homme.

— Sola, que va-t-il se passer ?

— Le désespoir est la plus sombre des illusions, Mère, répondit le garçon sans la moindre altération dans sa voix.

Marc, profitant de la distraction de Julien, tenta de s'approcher furtivement par le flanc droit pour le désarmer. Mais Julien le repéra immédiatement et braqua un pistolet calibre 9mm qu'il tirait de sa veste.

— Un pas de plus et je lui explose la tête ! rugit Julien en pointant son arme directement sur le cœur d'Elena.

Isabelle s'interposa immédiatement, se plaçant devant Elena et Sola, servant de bouclier humain avec une bravoure absolue.

— Tire sur moi si tu veux, Julien ! Mais ne touche pas à cette femme ni à cet enfant ! Ils n'ont rien à voir avec tes griefs envers moi !

Julien ricana, le doigt crispé sur la détente.

— Noble jusqu'au bout, la Femme de Fer ! Voyons si tes jambes tiennent toujours sous une balle !

Au moment précis où Julien appuya sur la détente, un claque strident retentit. La balle sortit du canon à une vitesse fulgurante.

Mais elle ne toucha personne.

Sola venait de lever son bras. La balle en plomb resta suspendue dans les airs, bloquée à quelques centimètres seulement de la poitrine d'Isabelle, tournoyant sur elle-même dans un nuage de fumée grise avant de tomber inoffensivement sur le sol de marbre avec un léger tintement métallique.

Julien fixa la balle tombée au sol, puis regarda son arme, incapable de comprendre.

— Ce... ce n'est pas possible... C'est un truc de magie ! Un effet d'optique !

— Julien, dit Sola en s'avançant doucement vers lui. Tu es en train de détruire ton avenir pour des morceaux de papier que les hommes appellent de la richesse. Tu as peur du lendemain. Tu as peur de la pauvreté. Mais la vraie pauvreté est celle de ne jamais avoir aimé personne.

Julien serra les dents, les larmes coulant sur ses joues paniquées.

— Tais-toi ! Tais-toi ! Je m'en fous de tes discours ! Je fais tout sauter !

Il appuya frénétiquement sur le bouton rouge du détonateur.

Une seconde passa. Deux secondes. Trois secondes.

Rien ne se produisit. Pas la moindre explosion. Pas la moindre vibration dans les fondations de la tour.

Au bas de l'immeuble, les charges explosives de C4 s'étaient intégralement désintégrées, transformées en une fine poussière de sable inoffensive sous l'action du pouvoir céleste de Sola.

Julien continua d'appuyer comme un dément sur le bouton, de plus en plus vite, jusqu'à ce que l'appareil s'échappe de ses mains engourdies et s'écrase sur le sol. Il s'effondra à genoux, la tête dans les mains, sanglotant de honte et d'épuisement.

— Pourquoi... pourquoi tu ne m'as pas détruit ? balbutia Julien en levant des yeux embués vers Sola. Je voulais vous tuer...

Sola s'agenouilla devant lui et posa doucement sa main sur l'épaule du traître.

— On ne détruit pas les ténèbres en ajoutant de l'obscurité. On les détruit en apportant la lumière. Tu as une seconde chance, Julien. Ne la gâche pas.

Marc s'avança rapidement et passa les menottes à Julien, sans violence, déplorant la déchéance du jeune homme. La police de la capitale, entrée dans l'immeuble, prit en charge Julien et Victor Moreau, mettant fin à l'empire du crime financier qui avait régné sur la ville.

Mais alors que le danger semblait écarté, Sola se tourna vers la baie vitrée qui donnait sur la métropole. Le ciel gris s'était obscurci de manière anormale. Un épais nuage noir, vortex aux reflets violet sinistres, se formait juste au-dessus du centre de la ville.

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— Le test des hommes politiques et des financiers est terminé, chuchota Sola, son visage devenant d'une gravité absolue. Maintenant... le véritable ennemi du monde s'est réveillé.

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