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L Enfant des Cieux / Chapter 12 / 30

Chapter 12 - Le fardeau de la cupidité

Un silence absolu s'abattit sur la salle du conseil du 70e étage. Les actionnaires, les avocats et les journalistes autorisés à retransmettre la séance en direct retenaient tous leur souffle. La tension était presque palpables.

Sola s'avança jusqu'à se trouver à quelques centimètres seulement de Victor Moreau. L'homme d'affaires, grisé par l'illusion de sa victoire imminente, ne recula pas. Il tendit ses mains vers le jeune garçon.

— Donne-le-moi... chuchota Moreau, la voix altérée par une folie avide. Donne-moi le secret de la vie éternelle !

Sola posa la paume de sa petite main sur le front de Moreau.

À l'instant même où le contact physique s'établit, un choc ondula à travers toute la pièce. Les caméras de télévision grésillèrent, projetant des éclairs de statique sur les écrans des millions de téléspectateurs qui suivaient le direct à travers le monde.

Moreau ouvrit la bouche pour pousser un cri de triomphe, mais aucun son ne sortit. Ses yeux s'écarquillèrent de terreur.

Ce qu'il avait pris pour une prise de possession d'une force miraculeuse devint instantanément son pire cauchemar. Sola ne lui injectait pas un pouvoir magique : il ouvrait en grand les vanne du canal empathique universel. En une fraction de seconde, le cerveau de Victor Moreau fut connecté à la souffrance de chaque être humain qu'il avait exploité, ruiné ou écrasé pour bâtir sa fortune.

Il ressentit la détresse de cette famille expulsée de leur maison par l'une de ses filiales bancaires.

Il ressentit la faim des enfants du village d'Avelia qu'il avait tenté d'affamer.

Il ressentit la douleur physique des ouvriers blessés dans ses usines sans sécurité.

Il ressentit la terreur des gardes qu'il avait envoyés se faire massacrer au Val-Serein.

— Aaaaahhhh ! hurla soudainement Moreau en s'effondrant à genoux, les mains plaquées contre ses tempes. Arrête ! Arrête ça ! Ça brûle ! Ça me déchire !

Les membres du conseil d'administration se levèrent dans la panique générale, reculant contre les baies vitrées.

— M. Moreau ! Qu'est-ce qui vous arrive ? s'écria son avocat principal en tentant de le relever.

Mais dès que l'avocat toucha le bras de Moreau, une fraction du fardeau empathique se transmise par contact. L'avocat pâlit instantanément, lâcha son client et s'effondra au sol, vomissant sous l'impact moral des vérités révélées.

Sola retirât doucement sa main du front de l'homme d'affaires prostré.

— Tu voulais ressentir la puissance qui guérit, Victor, dit Sola d'une voix calme mais implacable. Mais la guérison nécessite la pureté du réceptacle. Ton cœur est un coffre-fort rempli de poison. Pour guérir les autres, il faut être prêt à porter leur souffrance. Peux-tu porter la souffrance du monde, Victor ?

Moreau se roulait sur le marbre, pleurant de vraies larmes de sang et de bile, détruit par le poids insupportable de ses propres péchés.

— Pardon... pardonnez-moi... balbutiait le milliardaire déchu, sa superbe brisée à jamais. Je renonce... Je renonce à tout ! Prenez les entreprises ! Prenez l'argent ! Enlevez cette douleur de mon esprit !

Isabelle s'avança alors, le visage illuminé d'une dignité retrouvé. Elle se tourna vers les caméras de télévision qui continuaient de filmer la scène irréelle.

— Messieurs les membres du conseil, messieurs les téléspectateurs, dit Isabelle d'une voix claire qui résonna dans le monde entier. Vous venez de voir la réalité du pouvoir sans âme. Aujourd'hui même, j'annonce la liquidation totale de mes parts personnelles dans le groupe Vernier-Moreau. L'intégralité de ma fortune — soit plus de douze milliards d'euros — sera transférée à une fondation internationale destinée à éradiquer la pauvreté, soutenir les villages isolés comme Avelia et offrir des soins gratuits aux malades du monde entier.

Un clameur immense s'éleva parmi les journalistes. Les actionnaires restèrent pétrifiés, incapables de réaliser l'ampleur du séisme financier qui venait d'avoir lieu.

— Et toi, Victor, ajouta Isabelle en regardant son ancien associé qui tremblait sur le sol. Tu passeras le reste de tes jours à réparer le mal que tu as fait. La justice des hommes s'occupera de tes crimes financiers, mais la justice de ton esprit t'a déjà condamné.

Sola regarda Isabelle et esquissa un doux sourire.

— Tu as réussi ton test, Isabelle. Tu as choisi de donner ton royaume pour sauver ton âme.

Mais au moment où la victoire semblait acquise, une alarme retentit au bas de la tour. Julien, l'assistant traître qui s'était tapi dans l'ombre pendant toute la réunion, surgit de la porte de service avec un détonateur à la main.

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— Si je ne peux pas avoir l'argent, personne n'aura rien ! hurla Julien, les yeux fous. J'ai placé des charges de C4 dans les fondations du bâtiment ! Nous allons tous mourir ici !

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