Chapter 9 - Le siège du Val-Serein

La nuit était tombée sur les Alpes, enveloppant le domaine du Val-Serein dans un manteau d'encre et de neige fraîche. À l'intérieur, l'atmosphère était d'une sérénité trompeuse. Elena préparait une soupe chaude dans la cuisine ultra-moderne, s'émerveillant encore du fonctionnement des plaques à induction, tandis qu'Isabelle consultait les derniers rapports financiers. Grâce à une manœuvre boursière audacieuse, elle avait réussi à bloquer temporairement les accès de Moreau à ses comptes principaux. Mais elle savait que la vraie bataille ne se jouerait pas sur les marchés financiers.
Soudain, les sirènes d'alarme du domaine hurlèrent, déchirant le silence de la nuit. Les lumières rouges d'urgence se mirent à clignoter sur les murs de marbre.
Marc fit irruption dans le grand salon, son fusil tactique à la main, le visage tendu.
— Madame Vernier ! Ils sont là ! Moreau a envoyé une véritable armée privée ! Ils ont coupé le courant principal et bloqué les fréquences de communication satellite !
Isabelle se leva d'un bond, oubliant totalement sa canne. Ses jambes tenaient bon, fortifiées par la détermination qui brûlait en elle.
— Combien sont-ils ?
— Au moins cinquante hommes lourdement armés, équipés de vision nocturne et de charges d'explosifs lourd. Ils ont franchi le col nord et encerclent le domaine !
Elena laissa tomber son bol de soupe qui éclata au sol.
— Mon Dieu... Sola ! Où est Sola ?
L'enfant était assit calmement au centre de la pièce, les yeux clos, en position de méditation. Il ouvrit lentement les paupières, d'un calme saisissant au milieu de la panique générale.
— Ne craignez rien, Elena. Le moment de vérité est arrivé. Chaque homme ce soir fera le choix ultime entre la lumière et les ténèbres.
Dehors, des explosions assourdissantes secouèrent les fondations de la bâtisse. Les baies vitrées blindées résistèrent au premier choc, mais les mercenaires de 'L'Ombre Noire', dirigés par un commandant sans foi ni loi nommé Vance, utilisaient de la thermite pour faire fondre les serrures renforcées.
— Équipe A, pénétrez par le secteur est ! ordonnait Vance dans son radio. Tuez tous les gardes ! Gardez la femme et le gamin en vie !
Un combat d'une violence inouïe s'engagea dans les couloirs du domaine. Marc et ses hommes, mus par la dévotion totale qu'ils vouaient désormais à Sola après le miracle de la fille de Marc, se battirent avec la rage de lions protecteurs. Mais la supériorité numérique des assaillants était écrasante. Un par un, les gardes d'Isabelle tombaient, blessés ou repliés sous la puissance de feu ennemie.
Isabelle prit Elena par le bras et la guida vers le sous-sol sécurisé.
— Venez ! Le bunker sous la maison est en acier blindé ! Nous serons à l'abri !
— Et Sola ? s'écria Elena.
Mais le garçon refusa d'avancer vers le bunker. Il se dirigea au contraire vers les grandes portes du hall principal qui venaient de voler en éclats sous l'impact d'une charge explosive.
— Sola, non ! hurla Isabelle en tentant de le retenir. Ils vont te tuer !
Sola se tourna vers elle avec un regard rempli d'une majesté divine.
— On ne peut pas tuer ce qui n'a pas été créé par la main de l'homme, Isabelle. Reste derrière moi.
Les mercenaires s'engouffrèrent dans le hall enfumé, leurs armes pointées, leurs viseurs lasers rouges balayant l'espace. À leur tête, Vance s'avança, un sourire sadique aux lèvres.
— Fin de la partie, madame Vernier ! dit Vance en levant son arme vers Isabelle. Mettez-vous à genoux et donnez-nous le gamin, et peut-être que nous vous laisserons une balle dans la tête au lieu de vous brûler vive !
Marc, blessé à l'épaule et saignant abondamment, s'interposa courageusement, son arme vide.
— Il faudra me passer sur le corps, ordure !
Vance armât son pistolet, prêt à exécuter Marc à bout portant.
— Avec plaisir.
Mais avant qu'il ne puisse presser la détente, Sola fit un pas en avant. Il leva sa petite main droite.
Un souffle d'air puissant, d'une pureté cristalline mais d'une force de pression colossale, balaya instantanément tout le hall. La fumée d'explosion fut balayée en une fraction de seconde. Les armes des cinquante mercenaires se mirent soudainement à chauffer à blanc. Les hommes poussèrent des hurlements de douleur et lâchèrent leurs fusils et pistolets qui fondirent littéralement au contact du marbre du sol, se transformant en flaques de métal incandescent inutile.
Les mercenaires, stupéfaits, regardèrent leurs mains brûlées, puis fixèrent l'enfant qui se tenait devant eux, entouré d'un halo de lumière dorée étincelante. La terreur s'empara des hommes les plus aguerris de la planète.
— Qu'est-ce que... qu'est-ce que tu es ? balbutia Vance, tombant à genoux, écrasé par la présence invisible mais terrifiante qui émanait du jeune garçon.
Sola le fixa avec une pitié profonde.
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— Je suis le miroir de votre conscience. Et ce soir, vous allez devoir affronter vos propres démons.
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