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L Enfant des Cieux / Chapter 6 / 30

Chapter 6 - La nuit des prédateurs

La terreur s'empara du paisible village d'Avelia. Les cris des femmes et les pleurs des enfants résonnaient contre les parois rocheuses de la montagne. Les villageois, armés seulement de bâtons et d'outils agricoles rudimentaires, tentèrent de former un rempart humain devant la cabane d'Elena. Mais les mercenaires de Victor Moreau étaient des professionnels de la guerre privée, entraînés à briser toute résistance sans le moindre état d'âme.

— Reculez, misérables ! hurla Kravic en tirant une rafale de semonce en l'air. Le moindre geste d'hostilité et nous rasons ce tas de bois !

Elena se jeta devant Sola, couvrant le corps de l'enfant de ses propres bras. Son visage était pâle comme la mort, mais ses yeux brûlaient d'une détermination farouche.

— Vous n'toucherez pas à mon fils ! Vous devrez me tuer d'abord !

Un mercenaire s'avança, levant la crosse de son arme pour frapper la pauvre femme au visage.

— Assez !

La voix n'avait pas été hurlée. Elle avait été prononcée sur un ton calme, presque chuchoté, mais elle résonna dans le crâne de chaque homme présent comme le choc d'une cloche en bronze. Le mercenaire resta pétrifié sur place, son bras bloqué en l'air par une force invisible mais absolue.

Sola s'avança lentement, dépassant Elena qui essaya vainement de le retenir. Le petit garçon regarda les mercenaires armés jusqu'aux dents, puis fixa Kravic dans les yeux.

— Pourquoi venez-vous avec de la violence et du fer ? demanda Sola. Qu'espérez-vous trouver ici que le sang puisse vous offrir ?

Kravic secoua la tête pour chasser un soudain vertige. Il empoigna son arme à deux mains, luttant contre la sensation d'oppression divine qui pesait sur la clairière.

— On n'est pas payés pour discuter, gamin ! Monsieur Moreau veut ton pouvoir. Tu viens avec nous, de gré ou de force !

— Victor Moreau... murmura Sola. Un homme qui possède des milliards mais dont l'âme meurt de faim dans le désert de son orgueil.

Au même moment, sur la route de la montagne, le cortège personnel d'Isabelle Vernier grimpait à toute allure. Prévenue au dernier moment par une fuite interne de la trahison de Julien et des intentions criminelles de Moreau, Isabelle avait ordonné à son chauffeur de rouler comme si leur vie en dépendait. Elle n'était plus la femme froide et calculatrice d'autrefois ; la guérison de ses jambes avait été le catalyseur d'une réveil spirituel profond. Elle ne permettrait pas qu'on touche à l'enfant qui lui avait rendu la vie.

— Plus vite ! ordonna-t-elle à son chef de sécurité, un homme loyal nommé Marc.

— Madame, la route est dangereuse et nous ignorons combien d'hommes Moreau a envoyés !

— Je m'en fiche ! s'écria Isabelle en serrant sa canne contre elle. Si ce garçon tombe entre les mains de Moreau, l'humanité perdra sa dernière chance de salut !

Au village, la tension était à son comble. Kravic, excédé par l'aura paralysante du garçon, fit un signe à deux de ses hommes.

— Attrapez-le ! Maintenant !

Les deux mercenaires se jetèrent sur Sola. Mais au moment exact où leurs mains gantées allaient toucher la tunique blanche de l'enfant, un flash de lumière aveuglante jaillit du corps de Sola. La force d'impact cinétique projetât les deux colosses à plus de cinq mètres en arrière, les étalant lourdement sur le sol rocqueux, leurs armes brisées en deux.

Les autres mercenaires reculèrent dans un mouvement de panique générale. Certains levèrent leurs fusils d'assaut, le doigt sur la détente, pris de démence face à ce phénomène inexplicable.

— Tirez ! hurla Kravic, fou de rage et de peur. Tirez-lui dessus !

À cet instant précis, les phares aveuglants du tout-terrain d'Isabelle surgirent du dernier virage, éclairant la scène d'un jour violent. Le véhicule stoppa dans un crissement de freins spectaculaire, se plaçant exactement entre les fusils des mercenaires et le jeune garçon.

La portière s'ouvrit. Isabelle Vernier sortit de la voiture. Pas en fauteuil roulant. Debout. S'appuyant fermement sur sa canne, le regard flamboyant d'une haine vengeresse.

— Posez vos armes, Kravic ! tonna-t-elle d'une voix qui fit frissonner les mercenaires. Vous êtes sur ma propriété privée, et cet enfant est sous ma protection personnelle !

Kravic ricana, tentant de reprendre le dessus.

— Madame Vernier... Quel plaisir de vous voir sur vos deux pieds. Mais vous arrivez trop tard. Les ordres de M. Moreau sont clairs : nous repartons avec le gamin, avec ou sans vous.

Isabelle esquissa un sourire glacial, le même sourire qui avait détruit tant de prédateurs financiers dans les conseils d'administration.

— Vous avez commis une erreur fatale, Kravic. Vous avez cru que je me battais encore avec des chèques. Marc, neutralisez-les.

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Derrière le véhicule d'Isabelle, trois vans de la sécurité d'élite de la compagnie Vernier émergèrent de la nuit, encerclant totalement les hommes de Moreau. La bataille d'Avelia venait de commencer.

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