Chapter 13 - Trahison au commissariat

Pourtant, alors que nous pensions le cauchemar définitivement derrière nous, la justice réservait encore un dernier sursaut dramatique.
Trois jours avant l'ouverture du procès préliminaire de Thomas Greer, le Lieutenant Ruiz m'a appelée en urgence sur mon téléphone portable. Sa voix était tendue, chargée d'une inquiétude renouvelée.
— Claire, nous avons un problème majeur, a-t-elle déclaré sans préambule.
— Que se passe-t-il ? Greer a-t-il obtenu une libération sous caution ?
— Pire que ça. Le Capitaine Henderson, depuis sa cellule de détention provisoire, a fait faire une déposition par ses avocats. Il affirme que la clé USB et les documents de la mallette ont été manipulés et altérés par Walter Miller avant d'être remis à la police. Il prétend que Walter cherchait à se venger de Greer après son licenciement et qu'il a fabriqué de faux dossiers avec l'aide d'un pirate informatique.
— C'est ridicule ! ai-je m'exclamer. Michaël a écrit cette note de sa propre main !
— Je le sais, mais l'avocat de Greer est l'un des meilleurs ténors du barreau du pays. Il exploite la moindre faille juridique. Il demande l'annulation de toutes les pièces matérielles apportées par la mallette au motif que la chaîne de garde de la preuve a été brisée pendant trois ans, entre les mains d'un homme sans domicile fixe. Si le juge d'instruction valide cette requête lors de l'audience de demain matin, les charges les plus lourdes contre Greer s'effondreront.
Un coup de poignard dans le cœur. La machinerie judiciaire, avec ses vices de forme et ses arguties techniques, menaçait de blanchir le bourreau de mon mari.
— Il nous faut une preuve originale non contestable, a dit Ruiz. Une preuve matérielle enregistrée officiellement avant la mort de Michaël, avec un horodatage incontestable.
J'ai fermé les yeux, réfléchissant frénétiquement. Les souvenirs de mes conversations avec Michaël au cours des dernières semaines de sa vie défilaient dans ma mémoire comme un film au ralenti.
Je me suis rappelée une soirée particulière, dix jours avant le drame. Michaël était assis à son bureau dans notre sous-sol, écrivant dans un petit carnet à couverture en cuir marron qu'il ne quittait jamais. Lorsqu'il m'avait vue descendre, il l'avait fermé précipitamment et glissé dans un endroit bien précis.
— Le coffre de dépôt bancaire, ai-je murmuré subitement.
— De quoi parlez-vous ? a demandé Ruiz.
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— Michaël m'avait fait signer une procuration pour un coffre fort à la First National Bank de Boston deux mois avant sa mort. Il m'avait dit : "Si un jour il m'arrive quelque chose, ce coffre contient notre assurance de vie." J'avais complètement oublié ce détail dans la brume de mon deuil ! Je n'y suis jamais retournée !
— Claire, a dit Ruiz avec une urgence vibrante, ce coffre contient peut-être les originaux horodatés par la banque ! Nous devons y aller dès l'ouverture des guichets demain matin !