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L Ombre de la Verite Roman / Chapter 8 / 20

Chapter 8 - Le jeu dangereux de la vérité

Mon sang s'est glacé.

— Walter ! ai-je hurlé en cherchant désespérément un projectile autour de moi.

Dans l'obscurité poisseuse du sous-sol, les deux corps se débattaient sauvagement. J'ai ramassé un tuyau de fonte rouillé qui gisait au sol et je me suis précipitée vers la masse obscure. L'homme de main avait le dessus et tentait de braquer son arme vers la poitrine de Walter.

Sans réfléchir, portée par une adrénaline pure, j'ai frappé de toutes mes forces avec le tuyau en métal sur l'épaule de l'agresseur. L'impact a retenti avec un bruit sourd. L'homme a poussé un juron et a lâché son arme, qui est allée glisser dans la flaque d'eau noire.

Walter a profité de ce moment de faiblesse pour lui asséner un coup de poing violent au niveau du menton. L'homme s'est effondré, assommé pour de bon.

Walter s'est relevé en haletant, tenant son flanc gauche. La balle avait effleuré sa veste en cuir usée sans traverser la chair, mais le choc l'avait laissé sonné.

— Ça va... ça va, a-t-il soufflé en ramassant la lampe torche. Nous devons sortir d'ici tout de suite. Les autres ont entendu.

Nous avons repris notre course à travers le dôme voûté des tunnels souterrains, tournant à gauche puis à droite dans un dédale de briques suintantes. Le guidage instinctif de Walter s'est révélé parfait : dix minutes plus tard, nous remontions par une trappe de service située à trois cents mètres du bâtiment, à l'abri des regards, en plein cœur de South End Alley.

L'adresse indiquée par le Lieutenant Ruiz était une ancienne imprimerie à la façade décatie. Je me suis approchée de la porte en bois massif et j'ai frappé les trois coups convenus.

Un œilleton s'est ouvert. Un œil sombre et méfiant nous a observés un instant, puis le déclic lourd d'une serrure électrique a retenti.

La porte s'est entrouverte sur le Lieutenant Elena Ruiz elle-même. Elle était vêtue d'un blouson civil sombre et tenait un pistolet automatique à la main.

— Entrez vite, a-t-elle ordonné en nous tirant à l'intérieur avant de verrouiller la porte avec deux barres de fer transversales. Vous avez été suivis ?

— Kane et ses hommes nous attendaient à la sortie du poste, ai-je répondu en tentant de reprendre mon souffle. On a dû leur échapper par les tunnels.

Le Lieutenant Ruiz a poussé un sacré juron à voix basse.

— Henderson a prévenu Greer dès que vous avez quitté la pièce. J'ai dû quitter le commissariat par la porte arrière avant qu'ils ne bloquent mon badge d'accès. Mais j'ai eu le temps de faire quelque chose de décisif.

Elle nous a entraînés vers un petit bureau encombré de moniteurs informatiques et de matériel de transmission radio.

— Avant qu'Henderson ne saisisse les pièces, j'ai envoyé l'intégralité des fichiers de la clé USB au bureau du Procureur Général de l'État de Massachusetts ainsi qu'à un comité d'enquête fédéral spécialisé dans le crime organisé. Ils ont ouvert un dossier d'urgence sous scellés.

Un soulagement immense m'a envahie, mais le visage du Lieutenant Ruiz demeurait d'une gravité absolue.

— Cela suffit pour les arrêter ? ai-je demandé.

— Pas encore tout à fait, a-t-elle répondu en désignant un écran où défilaient des lignes de code. Les preuves financières démontrent la fraude et le blanchiment, mais pour faire condamner Greer pour le meurtre de Michaël et la tentative de meurtre sur votre personne, il nous manque la pièce maîtresse : le témoin direct des ordres donnés à Marcus Kane.

— Et où trouve-t-on ce témoin ? a demandé Walter.

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Le Lieutenant Ruiz a fixé l'écran.

— Dans les archives privées de Greer. Il conserve un registre crypté de tous les paiements versés à Kane pour ses "opérations spéciales" dans le coffre-fort de sa résidence privée de Beacon Hill. Et ce soir, Greer organise sa grande réception annuelle de charité dans ce manoir même. C'est notre unique opportunité.

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