Chapter 7 - Dans les entrailles du district 4

La ruelle arrière donnait sur une zone logistique encombrée de camions de livraison et de conteneurs métalliques. La pluie s'était transformée en une neige fondante qui collait aux vêtements.
— Où nous amène cette carte ? ai-je demandé en tendant le petit carton noir que le Lieutenant Ruiz m'avait glissé dans la main.
Walter a plissé les yeux pour lire l'adresse écrite au stylo argenté :
"442, South End Alley - Frapper trois coups."
— C'est dans le vieux quartier industriel, près des docks, a dit Walter. Un secteur d'entrepôts abandonnés. C'est à la fois discret et dangereux si nous nous faisons coincer là-bas.
Nous nous sommes remis en marche, rasant les murs pour éviter les patrouilles de police et les véhicules suspects. Ma tête me faisait souffrir sous la pression du stress cumulé. Trois ans de calme plat venaient d'exploser en moins de vingt-quatre heures.
Alors que nous tournions à l'angle d'une rue bordée d'anciens hangars de briques sombres, le son d'un moteur puissant a résonné derrière nous. Une berline noire aux vitres surteintées a surgi de l'angle et a accéléré brutalement dans notre direction.
— Courons ! a hurlé Walter.
Nous nous sommes précipités dans un passage étroit entre deux immeubles, franchissant une grille rouillée à moitié défoncée. La berline a pilé dans un grincement de pneus effroyable, bloquant le passage. Les portières se sont ouvertes. Deux hommes en cuir sombre en sont sortis, suivis de Marcus Kane.
— Vance ! Miller ! cria la voix rocailleuse de Kane. Vous n'avez nulle part où aller ! Rendez-nous la mallette et le boîtier, et nous réglerons ça proprement !
— Jamais ! ai-je crié en me jetant avec Walter à l'intérieur d'un entrepôt désaffecté dont la porte en bois pendait hors de ses gonds.
L'intérieur de l'édifice était un labyrinthe de charpentes effondrées, de passerelles métalliques rouillées et de machines textiles abandonnées. L'obscurité y était presque totale, seulement brisée par la lumière grise du jour filtrant à travers les verrières brisées du toit.
Nos pas résonnaient sur le béton couvert de débris. Derrière nous, les bruits de pas lourds de Kane et de ses hommes indiquaient qu'ils s'étaient engouffrés dans le bâtiment.
— Séparez-vous ! a ordonné la voix de Kane dans le lointain. Fouillez chaque coin. Si la femme résiste, neutralisez-la.
Je sentais mon cœur battre la chamade contre mes côtes. Walter m'a attrapée par l'épaule et m'a guidée vers un escalier en colimaçon menant aux sous-sols de l'usine.
— Les anciennes galeries techniques, a chuchoté Walter. Elles mènent sous toute la zone des docks. J'y ai dormi pendant mon premier hiver à la rue. Je connais ce sous-sol par cœur.
Nous sommes descendus dans les ténèbres humides. Le sol était boueux, parcouru par d'anciens tuyaux de vapeur. On entendait au-dessus de nos têtes les piétinements furieux des hommes de Kane qui retournaient les caisses en bois.
Soudain, une ombre a surgi d'un couloir latéral. L'un des hommes de hand de Kane nous avait coupés la route par un autre accès. Il tenait une lampe torche puissante dont le faisceau m'a aveuglée, ainsi qu'un pistolet équipé d'un silencieux.
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— Fin de la course, a dit l'homme avec un sourire froid. Pose le sac, la fille.
Avant que l'homme n'ait pu appuyer sur la détente, Walter s'est jeté sur lui avec une force inouïe, plongeant au niveau de ses jambes. Les deux hommes ont roulé dans la boue. La lampe torche a volé à terre, balayant le plafond de son faisceau oscillant. Un coup de feu a étouffé a résonné, suivi d'un cri de douleur.