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L Ombre de la Verite Roman / Chapter 4 / 20

Chapter 4 - L'ombre au coin de la rue

Nous avons quitté la planque avec la mallette dissimulée dans un grand sac de courses en papier brun fourni par Walter. Chaque bruit de pas sur le trottoir, chaque véhicule ralentissant à notre hauteur me faisait frissonner. La sensation d'être observée s'était insinuée sous ma peau comme un poison invisible.

— Nous devons aller au quartier général de la police tout de suite, ai-je dit en serrant le sac contre moi. Le Lieutenant Ruiz doit voir ce dossier.

— Nous devons prendre le métro, a conseillé Walter en balayant les rues du regard. Les métros sont bondés à cette heure-ci, c'est plus difficile pour eux de nous suivre en voiture.

Nous sommes descendus dans la station de Park Street. La foule des navetteurs du matin se pressait sur les quais dans un brouhaha confus. Nous nous sommes fondus dans la masse, attendant la ligne rouge en direction du centre administratif.

Alors que la rame entrée en gare soulevait un vent chaud et poussiéreux, mon regard a été attiré par une silhouette stationnée en haut des escaliers mécaniques. Un homme grand, vêtu d'un long manteau noir, la tête recouverte d'une casquette sombre. Même à cette distance, j'ai pu distinguer une ligne pâle qui traversait son sourcil droit — la cicatrice dont m'avait parlé Walter.

Il ne nous quittait pas des yeux.

— Walter... ai-je chuchoté en tirant sur la manche de sa veste. Il est là. En haut des marches.

Walter a jeté un coup d'œil furtif sans tourner brusquement la tête. Son visage s'est affiché d'une pâleur de cire.

— C'est Marcus Kane, a-t-il affirmé entre ses dents. L'homme de main de Greer. Il sait que nous sommes ensemble.

Les portes du métro s'ouvraient devant nous. Les passagers se bousculaient pour entrer.

— Montez ! a ordonné Walter en me poussant doucement vers l'intérieur du wagon.

Nous nous sommes glissés au milieu de la foule compacte. Par les vitres sales du wagon, j'ai vu Kane descendre les marches quatre à quatre, écrasant sans ménagement les usagers qui se trouvaient sur son passage. Ses yeux injectés de sang étaient rivés sur nous. Il a sorti une main de sa poche, glissant ses doigts vers l'intérieur de sa veste.

— Il va monter ! ai-je paniqué.

— Attendez le dernier moment, a murmuré Walter.

Au moment précis où les bips sonores annonçaient la fermeture automatique des portes, Walter m'a empoignée par le bras et m'a entraînée hors du wagon sur le quai, juste au moment où les portes en caoutchouc se refermaient sèchement entre nous et Marcus Kane, resté bloqué à l'intérieur de la rame.

Le train est reparti dans un grincement métallique assourdissant. Par la vitre du wagon en accélération, le visage de Kane s'est déformé dans un rictus de rage pure.

— Nous avons gagné quelques minutes, pas plus, a averti Walter en entraînant mon pas vers la sortie opposée. Il va descendre à la prochaine station et faire demi-tour ou appeler des renforts.

Nous sommes ressortis à la surface sous une pluie plus battante encore. Les tours de verre du quartier financier se dressaient dans le ciel gris de Boston. Le bâtiment massif du poste de police central se trouvait à trois pâtés de maisons.

Chaque mètre parcouru me semblait une victoire fragile. Les images de ces trois dernières années repassaient dans mon esprit avec une clarté brutale : la solitude, le vide laisser par Michaël, les soirées silencieuses dans une maison qui n'était en réalité qu'une cible.

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Lorsque nous avons enfin franchi les portes vitrées renforcées du commissariat central, la chaleur du hall et le bourdonnement des agents d'accueil m'ont fait l'effet d'une bouffée d'oxygène après une longue apnée.

Nous étions arrivés. Mais le plus dur ne faisait que commencer.

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