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Chapter 7 - Le Piège des Médias

Le lendemain soir à vingt heures, l'émission à grand spectacle Boston Tonight ouvrit son journal avec un sujet choc : « Trahi par sa femme milliardaire : le calvaire de Cole Warren. »

Dans le salon luxueux de son domaine d'Ipswich, June observait l'écran de télévision, entourée de Malcolm et de Clara Vance. Le visage de Cole apparaissait en gros plan, faussement abattu, une larme soigneusement calculée brillant au coin de son œil. Il portait une chemise simple mais propre, jouant à la perfection le rôle de l'ouvrier dévasté par la soudaine cupidité de son épouse.

« Nous nous aimions... », déclarait Cole à la journaliste avec une voix tremblante d'émotion factice. « Nous vivions simplement dans notre petite ferme, travaillant dur chaque jour. Et puis cette lettre est arrivée. Dès qu'elle a vu tout cet argent, June a changé du tout au tout. Elle m'a jeté dehors avec l'aide de ses avocats multimillionnaires... Elle a détruit notre mariage pour des chiffres sur un compte en banque. »

Clara coupa violemment la télévision avec la télécommande, la mâchoire contractée. « C'est un travail d'orfèvre signé Richard Sterling. Ils jouent sur la corde sensible du public. Les réseaux sociaux s'enflamment déjà contre vous, June. Pour la majorité des gens qui ne connaissent pas la vérité, vous êtes devenue la méchante milliardaire sans cœur. »

June restait immobile, les poings tellement serrés que ses ongles s'enfonçaient dans sa paume. « Il ment... Il a jeté mes vêtements dans la boue sous la pluie ! Il m'a traitée de moins que rien en disant que d'autres femmes ramperaient sur du verre pour lui ! Et aujourd'hui, il passe pour la victime ? »

« C'est la magie des médias de masse », soupira Malcolm. « Sterling utilise la pression populaire pour affaiblir votre position avant le conseil d'administration de vendredi. Si l'image de la société est entachée par ce scandale, certains actionnaires indécis pourraient voter contre votre nomination à la tête du groupe. »

« Qu'est-ce qu'on fait ? » Demanda June, se tournant vers ses défenseurs. « On fait une contre-interview ? On raconte tout ce qu'il m'a fait subir pendant cinq ans ? »

« Non », répondit Clara avec fermeté. « Si vous descendez sur son terrain, cela deviendra un déballage de linge sale général. La presse adore ça, et la vérité sera noyée sous les accusations mutuelles. Nous devons frapper là où ils ne l'attendent pas. Nous devons utiliser la loi pour révéler la véritable nature de Cole Warren. »

« Comment ? »

« Cole a accepté de l'argent de Sterling », intervint Malcolm, un léger sourire aux lèvres. « Et nous avons la preuve que son nouvel avocat a été financé par une société écran appartenant à l'un des filiales de Sterling. En droit des sociétés, cela s'appelle une tentative de manipulation de marché par collusion trompeuse. C'est un crime fédéral. »

Pendant ce temps, dans un bar chic du centre-ville où il fêtait sa soudaine notoriété, Cole paradait devant deux jeunes femmes séduites par sa célébrité télévisuelle. Ivre de succès et de scotch coûteux payé par la note de frais de Sterling, il étalait ses fausses promesses.

« Je vous le dis, les filles », vantait-il en plastronnant. « Les femmes riches se croient tout permis. Mais il faut savoir les mater ! D'ici un mois, je récupère la moitié de sa fortune et je m'achète un yacht à Miami ! »

Un homme grand en manteau sombre s'approcha silencieusement de sa table. Ce n'était pas un fan, mais un huissier de justice flanqué de deux détectives privés sous contrat avec le cabinet Pierce & Associates.

« M. Cole Warren ? » Demanda l'homme d'une voix neutre.

« Ouais, c'est moi », répliqua Cole en ricanant. « Vous voulez un autographe ? »

L'huissier lui tendit un dossier épais enveloppé dans du papier bleu officiel. « Voici une citation à comparaître d'urgence devant le tribunal de grande instance de Boston pour demain à neuf heures. Mademoiselle June Hale formule contre vous des poursuites pour diffamation publique, tentative de fraude en bande organisée, et demande la levée immédiate de toute suspension du divorce sous peine d'astreinte financière de cinquante mille dollars par jour de retard. »

Le rire de Cole s'éteignit instantanément. Les filles à côté de lui s'éloignèrent prudemment.

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« Et voici une demande complémentaire de saisie conservatoire sur l'ensemble de vos comptes bancaires pour couvrir les frais de justice engagés », ajouta l'huissier avant de tourner les talons.

Cole resta planté là, le dossier bleu à la main, le visage devenu livide. Le piège médiatique qu'il pensait avoir tendu à June venait de se refermer brutalement sur lui.

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