Chapter 9 - Le Secret d'Arthur

La nuit fut longue et tourmentée dans la petite chambre d'hôpital de Fairview. Alors que le vent d'automne faisait battre la pluie contre les carreaux, Maria décida qu'il était temps de révéler l'intégralité de la vérité qu'elle avait dissimulée pendant tant d'années par peur de détruire le souvenir d'un père aux yeux de sa fille.
« Clara, assieds-toi », demanda Maria d'une voix affaiblie mais empreinte d'une grande solennité. « Il y a autre chose. Quelque chose que je n'ai jamais eu le courage de te dire sur ton père. »
Clara s'assit à côté de sa mère, le cœur lourd. « Que peut-il y avoir de pire que ce que nous venons d'apprendre ? »
« Ton père, Arthur, n'était pas seulement une victime du jeu », avoua Maria en baissant les yeux. « Les dernières années avant sa mort, il tenait un journal intime. Un registre noir qu'il cachait dans le coffre de son ancien bureau de la bibliothèque municipale. Quand il a compris qu'il allait mourir de sa maladie cardiaque, la culpabilité l'a rongé. Il y a consigné toutes les preuves des sommes reçues de Julien Laurent. »
Ethan, qui repassait les données sur sa tablette, se redressa brusquement. « Un registre manuscrit ? Avec des dates et des montants de transactions concernant le transfert du bébé ? »
« Oui », hocha Maria. « Arthur y a écrit tous les détails : le nom du médecin accoucheur payé par Laurent, la fausse attestation de mort-née signée par Vance, et même l'adresse de la résidence secondaire où le nouveau-né a été conduit les premiers mois. C'est ce journal qui m'a tout révélé il y a un an. C'est pour cela que j'ai tenté cette folie d'aller chercher l'embryon restant... Je voulais trouver une preuve biologique invincible pour compenser ce journal. »
« Maman ! » s'écria Clara. « Où est ce journal aujourd'hui ? »
« Il est toujours caché dans la réserve de la vieille bibliothèque municipale de Fairview », répondit Maria. « Dans le faux fond du deuxième tiroir du meuble des archives de 1985. Personne ne l'a touché depuis la mort de ton père. »
Ethan regarda sa montre : il était une heure du matin.
« Si Julien Laurent découvre que votre mère a survécu ou que nous enquêtons sur ses activités, il enverra ses hommes nettoyer tous les lieux liés à votre père », déclarat Ethan. « Nous devons récupérer ce journal cette nuit même. »
« Je viens avec vous », déclara immédiatement Clara.
« Non, c'est trop dangereux », répliqua le médecin. « Si les hommes de Laurent surveillent votre maison ou la bibliothèque, ils vous reconnaîtront immédiatement. Je vais y aller seul. Je connais le gardien de nuit de la bibliothèque, c'est un ancien patient à moi. »
« Docteur Parker », intervint Maria en attrapant la manche de sa blouse. « Prenez cette clé. Elle ouvre le cadenas du meuble d'archives. Faites très attention. Julien Laurent a des hommes de main qui ne reculent devant rien. C'est comme ça qu'il a étouffé les scandales immobiliers il y a dix ans. »
Ethan empoigna la petite clé en cuivre, vérifia que son téléphone portable était bien chargé et jeta un dernier regard rassurant aux deux femmes.
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« Reposez-vous », dit-il. « Je serai de retour avant l'aube avec les preuves dont nous avons besoin pour faire tomber cet empire de mensonges. »
Il se glissa hors de la chambre, s'enfonçant dans les couloirs sombres de l'hôpital, sans se douter qu'une silhouette immobile, tapie dans l'ombre du monte-charge, l'observait attentivement.