Chapter 19 - L'Aveu des Coulisses

Un mois après la clôture du procès, la sérénité était entièrement revenue dans ma vie. La société Valrose Innovations avait officiellement inauguré son nouveau siège mondial sur les Champs-Élysées. L'action en bourse de l'entreprise battait des records historiques, propulsée par la confiance retrouvée des investisseurs de la planète entière.
Dans mon vaste bureau baigné de lumière, je recevais la visite inattendue de maître Miriam Shaw, qui portait une pochette officielle estampillée du sceau de la Chancellerie.
« Que se passe-t-il, Miriam ? » demandai-je en lui offrant une tasse de thé.
« Céleste Vale a exécuté la totalité des clauses de sa transaction judiciaire », m'annonça mon avocate. « Elle a versé les trois millions d'euros d'amende et a quitté définitivement le territoire national pour s'installer dans une petite ville de province où elle enseigne la comptabilité sous un nom d'emprunt. Mais avant de partir, elle m'a remis cette lettre pour toi. »
J'hésitai un instant avant de prendre l'enveloppe blanche. Je l'ouvris et lus les quelques lignes rédigées d'une écriture fine et nerveuse :
*« Claire, je ne te demande pas de me pardonner. J'ai été aveuglée par l'ambition, l'arrogance et les faux promesses d'un homme qui se servait de nous deux. Lorsque je t'ai vue entrer dans ce hall avec ton bouquet de roses et tes billets pour Paris, j'ai ressenti un mépris déplacé pour toi. Aujourd'hui, je réalise que la seule personne pitoyable dans cette pièce, c'était moi. Tu as fait preuve d'une dignité et d'une force que je n'aurai jamais. Tu as vengé ton père et tu as donné une leçon à toute cette finance hypocrite. Sois heureuse avec Julien. Il te regarde comme Adrian ne t'a jamais regardée. – Céleste. »*
Je repliai la lettre et la déposai doucement dans le tiroir de mon bureau.
« Tu vas lui répondre ? » demanda Miriam.
« Non », répondis-je sereinement. « Son aveu suffit. Elle a compris ses erreurs et paie sa dette envers la société. La rancœur n'a plus aucune valeur pour moi. »
Julien entra dans mon bureau à cet instant précis, un dossier de développement pour un nouveau projet d'énergie solaire en Afrique sous le bras.
« Tu viens, Claire ? » me dit-il avec son sourire chaleureux. « Les ingénieurs du laboratoire nous attendent pour la première démonstration du prototype Valrose II. »
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« J'arrive, Julien », dis-je en me levant.
En traversant les couloirs étincelants du siège social sous les salutations respectueuses des jeunes ingénieurs et chercheurs, je me suis retournée une dernière fois vers la grande photo de mon père accrochée dans le hall d'entrée. Il semblait me sourire à travers l'objectif. Son héritage était désormais entre de bonnes mains.